Année 2020. Semaine 8.

 

Comme c’est de tradition depuis plusieurs années, pendant la durée du salon de l’agriculture c’est la vache Margarita qui prend le contrôle pour faire ses chroniques. Je vous laisse donc avec elle…

« Salut les amis, c’est encore Margarita qui revient faire la belle dans la capitale ! Je suis tellement heureuse de vous écrire, même si chaque année j’ai l’impression de vous retrouver dans un état plus critique que la fois précédente. Durant le salon, les gens viennent se confier à moi et c’est assez terrible. Quel pessimisme mes amis, il faudrait penser à arrêter cette addiction à la déprime. Bon d’accord, vous avez vécu une longue période de grèves et ce n’était sans doute pas drôle, mais les Français sont débrouillards et finalement l’impact de ce mouvement a été assez limité. Vous vous battez pour votre retraite, mais au moins vous avez la chance d’en avoir une. Nous les vaches, une fois qu’on ne produit plus rien, ce n’est pas la retraite qui nous attend mais l’abattoir. Et on ne fait pas la grève du lait pour autant. Vous continuez à vous entretuer, ce que je ne comprendrai jamais. Tuer pour une religion, ou tuer une femme parce que c’est une femme, pour ne prendre que deux exemples tragiques, c’est totalement débile, cela ne devrait même pas exister, puisque vous êtes soi-disant l’espèce supérieure, la plus intelligente qui peuple cette terre. On dirait que vous n’avez que des problèmes ! Respirez un bon coup, réalisez que vous avez de la chance d’être humains et positivez.

Je vois aussi que vous êtes de plus en plus accros à vos smartphones, je ne pensais pas une telle chose possible. Beaucoup de gens au salon ne me regardent même plus. Ils passent dans les allées en consultant leur page Facebook, en répondant à des messages sur WhatsApp, en prenant des photos par milliers qu’ils ne regarderont jamais ou en posant avec moi pour des selfies. Je comprends qu’on veuille immortaliser une rencontre exceptionnelle avec Margarita, c’est le genre d’événement qui marque une vie. Mais quand même, levez un peu les yeux, ce ne sont pas les machines qui vous nourrissent, profitez du salon pour apprécier cette belle diversité de la nature qui vous permet de manger et donc tout simplement de vivre ! Nous ne sommes pas qu’un décor pour Instagram, nous sommes la vraie vie !

Venez donc faire un petit séjour dans mon champ. Quand je ne suis pas dans la capitale, je passe mes journées à brouter de l’herbe dans un grand espace tout vert, avec de l’air pur, sans télé, sans smartphone, sans Internet, sans informations. Une petite cure vous ferait le plus grand bien. Il faut apprendre à se déconnecter, à se rendre compte que la vie ce n’est pas Netflix ou les pornos de Griveaux. On s’en fiche de toutes ces âneries, ce ne sont que des futilités. Votre seule mission est d’être heureux, alors laissez tomber tout ce qui est inutile et vous pourrit la tête inutilement. Moi je compte bien être positive et profiter de mon passage à Paris.

Je vais me préparer, mettre un peu de maquillage et une jolie tenue, pour passer inaperçue dans les rues. L’avantage est que les humains sont tellement centrés sur eux-mêmes qu’ils ne remarquent même pas une vache sur les Champs-Élysées. Vous créez tant de beauté. Je crois que je vais d’abord faire un tour dans les musées, j’adore l’art, vous êtes capables de réaliser des merveilles. Ensuite je dois trouver une librairie pour faire le plein de bons romans, vous avez tellement d’imagination, grâce à des mots sur du papier je peux voyager partout dans le monde et l’univers, tout en restant avachie dans mon champ. Après j’irai voir si vous avez inventé de nouveaux cocktails, parce que faire la fête c’est un des trucs que j’adore chez les humains. Et puis je finirai tranquillement assise au bord de la Seine à juste admirer la beauté de la ville qui s’endort. Sans jamais prendre de selfie, juste pour profiter de l’instant présent.

Et puis je dois aussi passer sur la tombe de Jacques. Votre nouveau chef n’est pas aussi sympa, il ne me tape jamais les fesses, c’est nul. Bref, je m’en vais voir toutes les beautés dont vous êtes capables, puisque vous, vous ne savez pas en profiter. Je vous dis à très vite ! »

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Année 2020. Semaine 7.

 

Déresponsabilisation : à noter cette semaine dans les informations cruciales, non pas l’agitation écologique d’un président en vue des municipales, non pas la libération d’un comédien politicien professionnel pour cause de maladie, non pas les déboires d’un homme public qui n’a pas eu l’intelligence de faire attention à ce qu’il filmait, mais bien la mort d’une adolescente par électrocution. L’histoire est toute bête, puisque c’est un accident. Elle est dans son bain, avec son smartphone branché à la prise. Le smartphone glisse, extinction des feux. Le plus surprenant est la réaction du père : il faut que les constructeurs prévoient une sécurité en cas de contact avec l’eau ! Mais non, ce n’est pas aux constructeurs de pallier la bêtise humaine. Cet accident aurait pu être évité grâce à ce qui s’appelle l’éducation. Cette dernière n’est pas délivrée par les nouvelles technologies, ni même par l’école, puisqu’elle est de la responsabilité des parents. Je ne sais pas mais moi on m’a toujours appris que quoi qu’il arrive, on ne manipule pas un appareil électrique quand on est en contact avec l’eau. Dans le cas cité, nous avons bien vu que le chargeur n’était pas celui du constructeur. Donc que peut-il y faire ? C’est juste une immense bêtise ou de l’inconscience qui a conduit à cette mort. Ce n’est pas la faute des autres, il n’y a rien à faire contre la négligence de chacun. Il paraît tellement logique de ne pas avoir avec soi un appareil branché lorsqu’on est dans son bain ! Mais on déresponsabilise tellement les gens qu’au final ils ne veulent plus avoir à penser, même à des choses de base. Il faudrait prévoir toutes les bêtises dont est capable un être humain. Et il n’existe pas encore de machine assez puissante pour calculer toutes les âneries dont nous sommes capables…

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Année 2020. Semaine 6.

 

Échec : la peur de l’échec souvent nous paralyse et nous empêche d’agir. Un phénomène tout de même étrange. Car pour avoir peur d’échouer, il faut qu’il y ait en premier lieu la volonté d’entreprendre. Or, lorsque nous entreprenons de réaliser un projet, il semblerait naturel d’y croire à tel point que l’échec ne devrait même pas être une option. L’être humain est ainsi fait que même lorsqu’il se sent sûr de lui, ce n’est jamais à cent pour cent et il y a constamment une petite voix qui lui dit qu’il pourrait échouer. Lorsque cette idée prend le pas sur la confiance en soi, tout s’arrête, nous ne cherchons même plus à entreprendre, certains d’échouer. Ce qui est une fois de plus paradoxal. Bien sûr, ne rien entreprendre nous assure de ne pas échouer. Mais la vie est-elle vraiment intéressante sans projets, sans risques, sans construire quelque chose ? Il faut sans cesse entreprendre et tenter de ne pas penser à l’échec. Il est évident que tout projet comporte une probabilité d’échouer, c’est absolument normal. Il faudrait pourtant ne pas y penser et aller de l’avant. Sans doute que cette peur de l’échec vient du fait que l’on ne supporte pas de ne pas réussir. Les exemples de l’Histoire nous montrent qu’en réalité celles et ceux qui ont réussi ont dans un premier temps dû affronter une multitude d’échecs. Cette peur est donc irrationnelle puisque nous devons nous accorder le droit d’échouer. Le drame, ce n’est pas l’échec, mais bien le refus d’entreprendre ! Si tous les humains se laissaient totalement paralyser par l’idée de l’échec, jamais nous n’aurions connu de telles avancées technologiques et scientifiques. Chacun a des ambitions, à plus ou moins grande échelle. La vie, c’est progresser, aller de l’avant, parfois réaliser ce qui semble impossible au départ. Il ne faut pas avoir peur d’échouer, il n’y a rien à craindre. L’échec est simplement une étape, qui indique que le plan de départ n’était pas parfait. Mais alors, la seule réaction appropriée est de recommencer, en acceptant de tirer la leçon de l’échec, pour s’assurer la réussite. À l’être humain il n’y a absolument rien d’impossible. Quand un projet ne nous semble pas réalisable c’est que nous laissons trop de place à l’idée que nous allons échouer. C’est donc souvent une crainte totalement infondée qui nous paralyse et nous empêche de réussir. Seuls ceux qui ne font rien n’échouent jamais, donc en réalité l’échec est la preuve que vous faites partie des personnes qui entreprennent quelque chose de nouveau et qui donc donnent un sens à leur vie ! Vous n’échouez pas, vous apprenez une leçon qui vous aide à réaliser votre projet. Il ne faut jamais baisser les bras, une vie sans échecs est une vie sans défis.

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Année 2020. Semaine5.

 

Humilité : la nature est apaisante parce qu’elle recèle toute la sagesse que nous devrions adopter. Elle est imperturbable. Peu importe ce qui nous tourmente, ce qui nous agite, les drames qui nous ébranlent, la nature reste stoïque. Certains jours il pleut, le lendemain il fait beau. La température baisse, puis remonte. Il neige, il vente, parfois violemment. L’océan est calme ou agité. La terre paisible ou tremblante. Les animaux vaquent à leurs occupations, industrieux, certainement qu’ils détiennent aussi un secret, celui du bonheur. Ils ne se torturent pas l’esprit, ils vivent, au jour le jour, insouciants. Les végétaux se laissent bercer par des cycles bien précis, ils savent quand se mettre en sommeil et à quel moment s’épanouir. Nous faisons une montagne de chaque événement. Un pays qui quitte l’UE fait la une des journaux. Un virus et nous paniquons. Nous nous inventons des milliers d’histoires pour nous occuper l’esprit, mais à quoi bon ? L’exemple de la sérénité nous entoure en permanence. La nature n’en a que faire de nos états d’âme, elle n’en a pas. Nous devrions prendre exemple sur cette nature qui nous entoure, en tirer les enseignements au lieu de nous pourrir l’existence avec des sujets qui n’ont finalement aucun intérêt. Retrouvons un peu de cet apaisement qui est la caractéristique de la nature, et qui fait donc partie de nous aussi puisque contrairement à ce que l’on veut croire, nous faisons partie de la nature. Il ne s’agit pas d’une entité extérieure, nous l’oublions trop souvent. Chaque jour simplement vivre. Accepter les changements sans crise. Avancer lentement vers les objectifs que l’on se fixe. Se consacrer à son propre bien-être, en accord avec ce et ceux qui nous entourent. Ne pas être dans la lutte permanente mais au contraire faire de son mieux pour être digne du temps qui nous est octroyé. Baisser les armes pour simplement profiter de la vie. La nature est imperturbable, elle fait son office sans haine, sans combattre ce qu’elle est réellement. Elle est notre modèle quotidien, essayons de suivre ses enseignements. Il en résultera une grande harmonie, bien plus utile que nos luttes si vaines. Accepter ce que nous sommes, ne pas vouloir plus que nécessaire, profiter d’avoir conscience du monde qui nous entoure pour jouir de ses beautés sans les détruire, ne pas s’attarder sur les querelles inutiles. Le seul hashtag indispensable est : je suis la nature…

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Année 2020. Semaine 4.

Pessimisme : les médias aiment montrer ces magasins vides, dans lesquels les consommateurs ne se rendent pas. Ils adorent saper le moral de tout le monde en prouvant par A plus B que les soldes sont un désastre. Et bien sûr, la faute est rejetée sur les grévistes. Évidemment, quand les transports ne fonctionnent pas il est difficile d’avoir envie de sortir. Mais cela concerne surtout Paris, puisque dans beaucoup de régions de France il faut de toute manière prendre sa voiture pour se rendre dans les magasins. L’excuse est donc plus ou moins bidon. Surtout qu’en observant ce qu’il se passe dans la capitale, donc en marchant dans ses rues, on ne peut que constater qu’il y a tout de même du monde dans les magasins et dans les cafés. Il est normal que les médias ne s’accusent jamais eux-mêmes. Pourtant ils sont bien la cause du pessimisme général, c’est leur fonds de commerce. Si l’on ne se fie qu’aux informations, la seule conclusion est que nous allons tous mourir très rapidement ! Des incendies ici, des inondations là, des guerres là-bas, des meurtres, des agressions, rien ne va, ce monde est terrible, et c’est finalement peut-être un virus venu d’Asie qui va nous achever. À force de faire peur à tout le monde et de miner le moral de la population, il est parfaitement logique que les gens n’aient plus envie de sortir et de consommer. Ils ne se déplacent même plus pour assister à des spectacles vivants, les théâtres se vident. A-t-on vraiment besoin d’une telle dose de pessimisme ? Ne pourrions-nous pas essayer autre chose, pour une fois, et regarder le bon côté des choses ? Pour cela, il faut juste fuir les informations et se concentrer sur le monde que l’on peut voir. On peut toujours trouver de la beauté, de la joie, de quoi être heureux. Le monde ne tourne sans doute pas rond, mais ce qui compte est ce que l’on vit au quotidien. Et notre seule tâche, au niveau individuel, est de ne pas se laisser détruire par le pessimisme que l’on tente de nous imposer. La vie peut être belle, il faut essayer de l’apprécier chaque jour…

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Année 2020. Semaine 3.

 

Automatisation : si les grèves ont permis une révélation, c’est que les lignes automatiques du métro sont un véritable rêve. Elles ne s’arrêtent jamais (sauf manifestations avec casseurs en surface). On se demande d’ailleurs pour quelle raison, parce que j’imagine et j’espère qu’il y a quand même des humains derrière les écrans pour vérifier que tout se passe bien. Mais ils ne se mettent pas en grève. C’est donc un mauvais point pour l’humanité. Ce genre de révélation donne certainement envie à beaucoup d’usagers de voir l’ensemble des lignes devenir automatiques. Au moins avec les machines il n’y a pas d’état d’âme, pas de maladies, pas de grèves. Quand on ne dépend plus de l’humain, tout va mieux. Est-ce la conclusion qu’il faut en tirer ? L’humain peut être remplacé par la machine dans beaucoup de domaines. Tout a commencé sur les chaînes de montage, dans les usines qui fabriquent des voitures. Le phénomène ne va pas cesser de s’accentuer puisque les machines sont de plus en plus perfectionnées et qu’on nous dit qu’elles deviennent intelligentes. Rien qu’avec une once d’intelligence elles dépasseront déjà de loin une bonne partie des capacités humaines. Parce que l’intelligence n’est plus ce qui nous caractérise, ou seulement un faible pourcentage d’humains, nous en avons la preuve chaque jour.

Si l’on résume, la grève pour sauver les retraites prouve que l’automatisation des lignes de métro est une excellente chose et qu’il faudrait accélérer le mouvement pour que toutes finissent par fonctionner sans conducteur. Ce qui veut dire moins d’emplois. Faire grève pour sa retraite et en conséquence en perdre son emploi, c’est assez ironique. Les machines nous remplacent à marche forcée. Que va-t-on faire de la masse humaine, la grande majorité, qui n’a pas de qualification particulière, entendant par-là : qui ne peut pas construire ou entretenir les machines intelligentes ? Nous sommes de plus en plus nombreux, le travail a de moins en moins besoin de nous et la nature aimerait bien que nous cessions de proliférer pour éviter la destruction totale de la planète. Le cœur du dilemme est donc une lutte pour l’intelligence. C’est la machine la plus intelligente qui dominera et si l’on considère que la nature possède une forme d’intelligence elle est dans la compétition aussi. La question est de savoir si nous serons à la hauteur pour avoir toujours un niveau intellectuel supérieur à la machine. Il suffit de se promener quelques minutes dans les rues de Paris pour se rendre compte que ce n’est pas gagné…

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Année 2020. Semaine 2.

 

Pivot : l’âge pivot de départ à la retraite, ou en novlangue « âge d’équilibre provisoirement retiré », devient une obsession. Le but est donc de partir à la retraite le plus tôt possible, ceux qui travaillent ne rêvent que d’arrêter de travailler pour enfin pouvoir être payés sans avoir à se rendre au bureau, à l’usine ou sur un chantier. Certes, c’est important, mais reprenons conscience que la retraite n’est pas l’Eldorado. Chacun discute comme si la vie professionnelle mettait entre parenthèses tout le reste et qu’il faut attendre la retraite pour enfin commencer à vivre. Ce n’est évidemment pas du tout de cette manière qu’il faut raisonner. La vie est un voyage continu, qui ne prend jamais de pause. Elle est certes ponctuée de nombreuses contraintes propres à l’espère humaine. Les élèves n’espèrent que la fin des cours, les employés ne pensent qu’à la fin de la journée, on ne peut pas vivre en ne pensant qu’à la fin de quelque chose. Il faut profiter de chaque journée pour s’épanouir, apprendre, aller de l’avant, se construire une belle existence, malgré les contraintes. Tous les problèmes ne seront pas derrière nous une fois à la retraite, puisque de fait cette pause bien méritée intervient à un certain âge et c’est alors le corps et ses douleurs qui deviennent des contraintes. Il ne faut pas se focaliser uniquement sur cet âge qui nous permettra de ne plus travailler, mais profiter de chaque instant, que ce soit en famille, entre amis, au travail… Ne perdons pas une seule occasion d’être heureux, chaque jour nous prenons le risque de tout perdre, alors il est indispensable de tirer le meilleur parti de chaque minute qui s’écoule. N’attendons pas la retraite pour nous adonner à nos passions, à nos loisirs, pour profiter de la vie ! Car la vie elle-même est un travail permanent, un chantier perpétuellement en cours, qu’il est de notre responsabilité de mener le mieux possible pour être heureux au quotidien sans attendre que demain nous apporte un éventuel bonheur. Lorsqu’on prend sa retraite de la vie, il est trop tard, alors ne perdez pas une seconde pour jouir pleinement de ce précieux cadeau. Pour ce qui est du futur, nous verrons bien, de toute façon nous ne pouvons agir que dans l’instant présent.

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Année 2020. Semaine 1.

 

Repos : en ce début d’année il est heureux de constater que les Français sont positifs. En effet, ce qui a fait la une des médias durant les premières heures de 2020 est une excellente nouvelle : cette année il y a la possibilité de faire de nombreux ponts et de multiplier les congés comme d’autres le pain. Voilà donc ce qui intéresse en priorité les Français : poser des congés ! C’est assez comique finalement, puisque depuis des semaines on se bat pour sauver nos retraites, pour partir le plus tôt possible et que dans le même temps, pour mériter ces avantages, tout ce à quoi l’on pense ce n’est pas à travailler mais à être en congé. Comique aussi le fait que la source principale de ces congés soient les fêtes religieuses catholiques. On se dit laïcs, les églises sont vides, il faut bannir la religion, surtout catholique, de la vie publique et ne surtout pas exhiber des crèches. En revanche, les fêtes religieuses en lien avec Jésus et la Vierge Marie ne semblent poser de problème à personne. S’il fallait compter uniquement sur les quelques fêtes républicaines nous n’irions pas bien loin. L’année vient à peine de commencer et nous pensons déjà à nous reposer. Se plaindre que rien ne va et ne rien faire, est-ce cela l’esprit français ?

Ne rien faire est la clé du succès dans notre pays. Quand on regarde le fameux classement des personnalités préférées des Français, on le constate chaque année. Jean-Jacques Goldman est encore et toujours premier. Il a un talent immense, certes, mais ce qui le fait aimer des Français est justement qu’il ne fait rien. Il ne sort plus d’album, il n’est pas à la une des magazines people, il ne propose rien, on l’adore. Du côté féminin il y a Sophie Marceau à la tête du classement. Et elle atteint la première place cette année parce qu’elle n’a rien fait. Lorsqu’elle joue dans des films, elle dégringole à une autre place que la première. Pour être numéro un dans le cœur des Français, surtout il faut ne rien faire. Ne pas parler, ne pas apparaître à l’écran, ne pas être engagé, disparaître de la scène publique. Quand on agit, on est détesté. Surtout, il ne faut pas réussir, avoir du succès dans ses entreprises, sinon il n’y a aucune chance d’entrer dans ce classement. En 2021 je pourrai réécrire la même chose, on ne changera pas les Français qui aiment se plaindre, ne rien entreprendre et qui détestent ceux qui vont de l’avant.

Heureusement ce n’est pas vrai pour tout le monde…

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ARCHIVES 2019