Année 2020. Semaine 21.

 

Science : face aux défis actuels, la science se décrédibilise au quotidien. Non pas la discipline elle-même, évidemment, mais celles et ceux qui l’utilisent pour affirmer tout et n’importe quoi. Des études fleurissent chaque jour pour étrangement appuyer les décisions prises par les gouvernants, et ceci dans le monde entier. En France par exemple, un obscur conseil scientifique, composé de membres choisis par le gouvernement, conseille le gouvernement ou plutôt lui sert de caution « scientifique » quelle que soit la décision prise. Au début il était prouvé que les masques n’étaient pas utiles, puis finalement de nouvelles études, dont une sur les hamsters, prouvent que le masque est très utile contre le virus et qu’il faut absolument le porter. Et bien sûr, la science se mêle énormément des médicaments qu’il faut utiliser ou non, du vaccin que chacun rêve de découvrir en premier pour se faire beaucoup d’argent, on ne parle par contre pas de remède… Car face à ce virus la science est en échec, personne n’arrive à le comprendre réellement. Les scientifiques ont été plutôt minables durant cette crise sanitaire. Affirmant au début que les symptômes étaient clairs puis face à la réalité, tout est devenu trouble. Au final on ne sait pas trop quels sont les véritables symptômes. On ne peut même pas se fier aux tests mis en place qui peuvent être des faux positifs ou des faux négatifs. Bref, la science se montre totalement incapable de relever des défis majeurs, qui touchent la santé. Les études menées sont contradictoires, elles s’adaptent à l’air du temps, dramatiques en période de confinement, soudainement plus souples en période de déconfinement. Ce n’est donc pas vraiment de la science, puisque dans cette discipline, normalement, les résultats sont clairs et définitifs, ils ne peuvent pas sans cesse se contredire. À une époque, on se réjouissait que la science ouvre l’ère de la raison, mais ce n’est de loin plus la raison qui mène les études scientifiques de tous bords. La science elle-même est totalement manipulée, principalement par les lois du marché. C’est très décevant qu’une aussi belle discipline se vende aux politiciens et aux économistes. Sans cette chape de plomb sans doute que nous ferions des avancées bien plus importantes, bien plus rapidement, au lieu d’attendre de trouver le vaccin ou le remède qui rapporte le plus d’argent. Une « étude scientifique » est devenue arme de propagande, efficace puisque le commun des mortels ne risque pas d’aller vérifier ces études, donc nous pouvons faire dire n’importe quoi à la science. L’indépendance des recherches n’existe pas et c’est ainsi nous utilisons mal les outils mis à notre disposition. La science ne sert qu’à manipuler les masses, comme les religions qu’elles étaient censées anéantir…

.

Année 2020. Semaine 20.

 

Vérification : la crise dite du coronavirus a mis en évidence bien des travers de notre société. Elle a aussi porté un éclairage sur les dangers qui nous guettent. L’un de ces dangers est la diffusion de fausses informations. Avec les réseaux sociaux, et ces milliers de messages publiés chaque seconde, il devient difficile de savoir quoi et qui croire. Nous sommes coincés entre la propagande officielle et les messages complotistes. Il n’y a pas de vraie source d’information, fiable à 100%. Alors, de plus en plus, les gens croient n’importe quoi. Parce que nous voyons arriver à maturité la génération Wikipédia, c’est-à-dire ces personnes qui pensent que l’encyclopédie en ligne est fiable, qui vont se renseigner sur Doctossimo à chaque petite douleur, dont Internet devient la référence principale. La génération qui précède Internet a appris à se tourner vers des sources fiables, les livres, les encyclopédies papier, en croisant les différentes sources pour s’assurer que ce que l’on affirme est vrai. On ne peut jamais être certain de détenir la vérité, évidemment, mais les arguments sont plus solides lorsqu’on se tourne vers des sources crédibles plutôt que le réseau mondial. Certes, parmi les nouvelles générations il y en a encore à qui l’on apprend à toujours vérifier ce qui est dit ou écrit. Il est à craindre que ces personnes deviennent la minorité. Maintenant, on boit littéralement tout ce qui est diffusé sur les réseaux sociaux. Il est possible d’y créer n’importe quelle information et peu importe le niveau de bêtise ou d’irresponsabilité, il y en aura toujours pour les croire. Essayant d’entrer en compétition avec Internet, les journalistes se précipitent pour délivrer des informations en exclusivité, puisqu’être le premier à diffuser une nouvelle est ce qui compte le plus. Ainsi, les médias même les plus sérieux finissent par tomber dans certains pièges, se contredisent, doivent corriger les informations délivrées trop rapidement, perdant en crédibilité. Les informations viennent de partout et par fainéantise nous prenons rarement le temps de les vérifier. Le monde en est ainsi déstabilisé et au final, plus rien n’a vraiment d’importance puisque tout est également valable. Il faudrait un véritable organisme indépendant, ne donnant que les informations brutes, sans parti pris. Une entité qui n’existe pas, n’a jamais existé et n’existera jamais, puisque par exemple les journaux papier ont toujours une coloration plutôt à droite ou à gauche. Ce qui manque est un phare dans cette multitude d’informations, une source totalement fiable, qui permette de vérifier ce qui est affirmé sur les réseaux, à la télévision, à la radio, dans la presse écrite. Une telle chose n’est peut-être pas possible, il est humain de ne vouloir diffuser que certaines vérités, en cacher d’autres et en transformer la plupart pour orienter la manière de penser de la masse…

.

Année 2020. Semaine 19.

 

Promiscuité : lundi, la foule va retourner dans les transports en commun. Le gouvernement compte sur le civisme de chacun pour que tout se passe bien, que les gestes barrière soient respectés, même si l’on ne voit pas bien comment appliquer la distanciation sociale dans les transports en commun. Parler de civisme pour les usagers du métro prouve que nos dirigeants profitent bien de leur voiture de fonction et n’ont aucune idée de la réalité qu’affronte le peuple chaque jour. Le fait d’obliger les gens à avoir une attestation de leur employeur est une bonne idée. Mais cela restera une simple idée. Comment contrôler ? La question ne se posera pas lundi puisque cette fameuse attestation n’a pas été dévoilée à temps, avant le week-end de trois jours, donc personne ne pourra l’avoir dès le départ… Bien évidemment, les transports en commun sont un gigantesque casse-tête, personne ne peut les organiser au point d’y faire respecter les gestes barrière, c’est tout simplement impossible. Il y a certaines choses concrètes que l’on peut espérer de la part des transporteurs. Comme par exemple de faire circuler assez de métros, de façon régulière, sans pannes, sans retards, sans arrêts inopinés. On voit bien que tout ceci n’est qu’un ensemble de chimères que l’on ne verra jamais se produire en France. Encore une fois, cette crise dévoile les dysfonctionnements de notre société, qui ont toujours existé mais sont plus visibles aujourd’hui. Dysfonctionnements qu’on ne tente pas de résoudre. La RATP peut continuer à mal fonctionner, ce sont les usagers qui recevront des amendes s’ils ne respectent pas les règles. L’État et les grandes entreprises publiques ne recevront pas d’amendes pour ne pas avoir réussi à délivrer le service que l’on paie chaque mois ! La solution miracle est d’encourager les travailleurs à prendre le vélo. Que de beaux sourires aux informations, sur les visages de ces cyclistes heureux de vivre sur leur vélo. J’aimerais que l’on interroge à nouveau ces Bisounours les jours où il pleuvra des cordes. Pour limiter la deuxième vague, et notons qu’on parle de deuxième et non pas de seconde donc on en attend encore plusieurs, la seule solution est effectivement que tout le monde soit respectueux des règles et des autres. Ce serait beau que cela se produise enfin. J’ai un doute, mais ne soyons pas totalement pessimistes. Ceux qui étaient déjà civilisés, respectant les autres, continueront à l’être. Ceux qui ne l’étaient pas ne le deviendront pas. Ah mince, ce n’est pas optimiste comme conclusion. Bon, nous verrons comment les choses se passent, n’imaginons pas tout de suite une catastrophe. Je fais partie de ceux qui ont la chance de pouvoir continuer à télétravailler. Je souhaite bon courage à celles et ceux qui doivent reprendre les transports dès lundi. Déjà qu’en temps normal les usagers du métro sont des héros du quotidien, qui devraient bénéficier d’une retraite anticipée pour pénibilité quotidienne, ce sera d’autant plus vrai à partir du 11 mai…

.

Année 2020. Semaine 18.

 

Déstabilisation : il y a deux éléments que l’être humain essaie d’éviter : l’incertitude et le changement. Pourtant, nous vivons en permanence avec ces éléments, mais bien évidemment la situation actuelle les rend soudain plus perceptibles, presque palpables.

En tant qu’êtres conscients nous vivons en permanence dans l’incertitude. Ceci parce que nous pensons très souvent au futur. Nous ne pouvons pas nous en empêcher. Nous essayons de savoir ce qui va nous arriver, pour nous rassurer. La chose est bien souvent impossible, mais nous aimons tout de même prévoir, même si l’on se trompe, simplement pour avoir l’esprit tranquille. Nous apprécions la sensation de maîtriser les événements et d’être maîtres de notre destin. On constate aujourd’hui cette sorte de panique qui nous gagne lorsque nous devons affronter l’incertitude. Le gouvernement parle de la reprise des cours le 11 mai et de nombreuses angoisses s’expriment : pour qui ? comment ? est-ce seulement possible ? est-ce que je dois envoyer mon enfant à l’école ? Rien n’est précis, nous détestons cela. Le gouvernement veut imposer les masques et le manque de précision fait encore souffler un vent de panique : où les acheter ? est-ce que je vais en avoir assez ? est-ce que tout le monde va en porter ? est-ce que cela suffit à me protéger ? Le futur immédiat n’a jamais soulevé autant de questions concrètes. Nous sommes dans l’incertitude la plus totale, non pas par rapport à ce qui va se produire dans 20 ou 30 ans, mais la semaine prochaine ! D’habitude nous tentons d’éviter de penser à cet élément qu’est l’incertitude, parce que nous prenons vite peur lorsque l’avenir est flou. Et la plupart du temps nous arrivons très bien à ne pas y penser, mais la situation actuelle nous oblige à constater que nos vies ne sont qu’une succession d’incertitudes qu’il faut avoir la force d’affronter.

Le second élément que nous détestons, toujours parce que nous sommes des êtres doués de conscience (même quand l’intelligence fait défaut), c’est le changement. Surtout celui qui est imposé par l’extérieur. Nous sommes accrochés à nos habitudes, elles nous rassurent, elles sont confortables. Voilà des millions de gens qui critiquaient le monde d’avant le confinement. Ceux qui détestaient leur travail, ceux qui protestaient contre le capitalisme, ceux qui rejetaient purement et simplement le fonctionnement du système. Nous retrouvons ces mêmes personnes ayant un souhait commun : que tout redevienne comme avant. Il semble en apparence absurde de vouloir revenir à un état que nous avions en horreur. Pourtant, le mécanisme est parfaitement compréhensible. Certes, le monde que nous avons construit est loin d’être parfait, mais nous en avons l’habitude. L’habitude de se rendre au travail, l’habitude de passer sa journée au bureau, l’habitude d’aller faire ses courses, l’habitude de payer ses impôts, l’habitude aussi de protester contre tout et n’importe quoi. L’être humain n’aime pas le changement, il lui fait peur. Même lorsqu’il a contracté de mauvaises habitudes, il se bat pour les conserver, car changer est difficile. C’est pourquoi il est si compliqué d’arrêter de fumer, de boire, de manger n’importe quoi. Nous avons beau savoir que c’est mauvais pour notre corps, nous continuons, par habitude, parce que changer nous semble impossible. En ce moment, de grands changements nous sont imposés : passer de la liberté de circuler au confinement, passer du travail au télétravail, passer de l’habitude de mettre les enfants à l’école à l’obligation de les garder à la maison. Et dans un très court laps de temps nous allons encore devoir subir un changement imposé, puisqu’il va falloir reprendre le travail, l’école, recommencer une vie différente, où il sera obligatoire de contracter de nouvelles habitudes.

Bien entendu, le changement et l’incertitude sont en réalité le même élément. Puisque lorsque je dois changer, soudain je suis dans l’incertitude. Je quitte mes anciennes habitudes pour en apprendre de nouvelles. Une mutation pour le moins effrayante, pour un être qui n’aime rien de plus que de maintenir le statu quo, de ne pas avoir à changer. Pourtant le changement est permanent, à tous les niveaux. Le corps change en permanence, puisque jamais les cellules ne cessent de mourir et de se régénérer, que jamais les organes ne stoppent leur fonctionnement et heureusement. Mais je peux aussi changer d’humeur au cours de la journée, d’une heure ou d’une seconde à l’autre. Passer de la joie à la tristesse, de la colère à l’apaisement… Tout change à chaque seconde, mais en général c’est à peine perceptible, nous n’avons pas conscience de changer perpétuellement. Et si l’on prend conscience du changement, alors naît le sentiment d’incertitude. Je connais mes habitudes mais je ne sais pas ce que seront celles que je dois désormais adopter. Alors la panique gagne et l’être humain s’affole. Pourtant, il n’y a pas de raison d’avoir peur. Car nous, et cela concerne cette fois-ci tous les êtres conscients ou non, sommes dotés d’une faculté incroyable que l’on nomme l’adaptation. Nous changeons et nous sommes dans l’incertitude en permanence, mais en permanence aussi nous nous adaptons. Alors soyez apaisés, peu importe ce qui arrive, vous avez la capacité de vous adapter à absolument tout. Ce qui ne veut pas dire n’importe quoi, vous avez encore la faculté de choisir ce à quoi vous voulez vous adapter. Mais il ne faut craindre ni le changement ni les incertitudes, puisque ces deux éléments sont l’ADN de ce que l’on nomme la vie. Vivre, c’est s’adapter en permanence. Inconsciemment la plupart du temps, consciemment dans des périodes de crise. Vous vous adaptez depuis votre naissance et vous continuerez à le faire, alors au lieu de craindre ce qui se profile, conservez la maîtrise, acceptez le changement, acceptez les incertitudes, prenez le temps de réfléchir à ce que vous voulez, réinventez-vous, adaptez-vous avec un seul objectif en tête : votre bonheur ! Ne subissez pas, soyez acteur de ce que vous allez devenir…

 .

Année 2020. Semaine 18 (off).

 

Suite : le 11 mai, les écoles vont rouvrir. Comment ? Pour qui ? C’est assez confus. Mais ne vous inquiétez pas, les autorités sortent une carte quotidienne avec des zones rouges, d’autres vertes et surtout de l’orange qui signifie : on ne se sait pas (enfin ils l’avouent). Bref, si les écoles rouvrent ce n’est évidemment pas pour instruire vite fait les enfants à deux ou trois semaines des vacances d’été, que tout le monde compte bien prendre, les vacances sont vitales. Non, c’est simplement pour que les parents retournent au travail et que l’économie reparte. Sachant que l’économie a toujours été la préoccupation principale. Mais pas de panique, tout est bien organisé et tout repose sur le civisme des Français, ayons confiance ils vont tous porter un masque et respecter les distances de sécurité. On verra d’ailleurs grâce au masque quelle frange de la population respecte les règles. Et puis il y aura la deuxième vague. Le confinement ne servait qu’à s’agiter, à avoir l’impression de faire quelque chose. Mais ce virus créé par les Hommes, dans des laboratoires, ne s’est pas éteint. D’ailleurs nous n’entendons pas parler de remède, mais de vaccin, on ne prévoit donc pas de tuer le virus, mais d’essayer de l’éviter. Ayons confiance dans la médecine, elle a prouvé sa grande efficacité depuis ces dernières semaines…

Bref, la deuxième vague aura bien lieu. Les médias en parleront moins, parce que quand même il ne faudrait pas détruire totalement l’économie. Le confinement servira d’excuse aux grandes entreprises et à l’État pour des licenciements massifs et une précarisation généralisée, c’est l’objectif depuis le début. Quelle aubaine, ce virus, fini les gilets jaunes, nous serons tous trop pauvres pour nous battre et oser nous rebeller. Il fallait sauver le soldat capitalisme, les riches veulent rester riches. Donc les petites mains reviendront au travail, tant pis si le virus est encore là. On mettra des jolies couleurs sur une carte pour amuser la population et ça suffira bien. On distribuera des masques rassurants, puisque soudain on distribue des masques dans les transports et on en vend au supermarché. Soit il s’agit d’un miracle, soit c’est la preuve qu’on nous prend pour des cons (il n’y a pas d’autre mot), mais la population reste étrangement très docile. C’est pour cela qu’il faut encore des victimes après le déconfinement, parce que nos dirigeants ne veulent pas rendre des comptes et la peur (d’un virus, du chômage) a toujours permis de faire taire la masse.

Il faudrait être positif, mais c’est assez difficile alors que cet épisode a mis en évidence l’incompétence à tous les niveaux. Que dire de bien d’un pays qui laisse mourir ses personnes âgées, celles qui ont construit la nation et qui dans le même temps donne l’ordre de laisser tranquilles les « jeunes de banlieue » qui ne respectent pas le confinement ? Que dire de bien d’un pays qui sait distribuer des amendes à cause d’un bout de papier mal rempli mais qui ne condamne pas le terrorisme parce que les terroristes sont toujours des cas psychiatriques ? La carte colorée a bien raison, il y a deux France qui s’affrontent. Celle de ceux qui respectent les règles et font grandir la nation. Celle de ceux qui combattent les règles et veulent la mort de la nation. Ce n’est pas le virus qui est le plus à craindre, le plus grand danger serait de continuer comme avant sans remettre de l’ordre à tous les niveaux.

Ah oui, accessoirement le Pentagon vient d’avouer que les vidéos d’objets volants non identifiés qui circulent depuis 2017 sont authentiques. Mais si les habitants d’une autre planète ont étudié notre comportement durant ces dernières semaines, nous n’avons rien à craindre, ils ne chercheront jamais à entrer en communication avec nous… Et inutile de chercher à nous détruire, il suffit d’attendre un peu.

.

Année 2020. Semaine 17.

 

Priorité : le monde d’après sera totalement différent. Plus rien ne sera comme avant. Nous avons appris notre leçon et nous sortirons tous plus sages de cette épreuve. Nous serons plus respectueux des autres et de la nature. La solidarité est entrée dans les habitudes. L’individualisme a été éradiqué par le virus.

Nous pourrions penser ce genre de chose, mais voici qu’un sujet capital commence à faire la une des journaux. S’agit-il de la vague de licenciements qui suivra le confinement ? S’agit-il de se remettre en cause suite à la très mauvaise gestion de la crise ? Pas du tout, la question qui revient le plus souvent est : vais-je pouvoir partir en vacances ? Voilà la préoccupation principale. Les congés, c’est ce qui semble être le plus important, comme avant. Le confinement n’est donc même pas terminé que nous commençons à reprendre nos vieilles habitudes. Sur les réseaux sociaux on se lamente de louper le 1er mai et le 8 mai, non pas parce qu’il s’agit de fêtes importantes, mais parce que ces jours fériés tombent un vendredi et qu’ils auraient permis de beaux et longs week-ends. On somme le gouvernement de se prononcer sur la possibilité de réserver des vacances d’été ou non, éventuellement de les prolonger en septembre, comme s’il n’y avait pas d’autre urgence en cours. Peu importe ce qui arrive, les Français angoissent à l’idée de ne pas pouvoir partir en vacances ! Au passage, ceci prouve que le Président avait tort, nous ne sommes pas en guerre, puisque j’imagine qu’en vraie période de guerre on ne pense définitivement plus aux vacances.

On ne pleure pas nos morts durant cette période, du moins pas officiellement, pas collectivement, ils ne sont pour les médias que des chiffres qui doivent être sensationnels, pour justifier la situation. Par contre, que de longs reportages sur la difficulté de poursuivre les fêtes religieuses. Que de sujets sur le soleil qui brille alors que nous sommes enfermés et la peur qu’il pleuve quand nous serons libérés. Le changement n’est pas vraiment en marche, les priorités restant les mêmes : les vacances, la météo, la religion. Des priorités inébranlables. Le monde d’après ne sera pas différent. Tout restera identique. Nous n’apprendrons rien et ne sortirons pas plus sages de cette épreuve. Nous ne serons pas plus respectueux des autres et de la nature. La solidarité restera de façade. L’individualisme en sera renforcé…

.

Année 2020. Semaine 16.

 

Bricolage : dans un passé qui n’est pas si lointain, nous avons eu un président nous présentant sa boîte à outils. C’était risible, évidemment, puisque tout son mandat n’était qu’une farce pathétique qui n’a laissé que des ruines. Aujourd’hui, la crise montre au grand jour que notre monde n’est que du bricolage. Car ce n’était pas mieux avant, ce n’est pas pire aujourd’hui, tout est juste plus visible, plus évident. Avant Internet il était facile pour les politiciens et tout le monde d’ailleurs, de cacher l’amateurisme qui fait tourner le monde. Mais avec les réseaux sociaux, il est plus difficile de masquer l’énorme incompétence qui règne. Si l’on y regarde de près, enfin c’est assez grossier pour être vu de loin, l’ensemble de l’édifice sur lequel notre société repose n’est que du bricolage, voir du bidouillage. Ce qui somme toute est assez normal. Personne n’est qualifié pour diriger un pays, diriger des êtres humains. Le système est ainsi fait que nous avons besoin d’un chef, prenant les décisions pour l’ensemble de la communauté. Ces chefs ne sont évidemment pas des super héros hollywoodiens, ils n’ont pas de super pouvoirs, même pas celui de l’intelligence.

Alors chaque jour, on bricole. On tente des choses, on prend des décisions mal informées, on ajoute un peu de mastic par-ci, un coup de plâtre par-là, en espérant qu’il n’y ait pas de fuite ou que tout simplement rien ne s’écroule. C’est à se demander comment notre société peut tenir debout. L’humanité n’est pas un colosse aux pieds d’argile, si seuls les pieds étaient faibles nous pourrions nous estimer heureux. Il s’agit plutôt d’une ruine dont on tente sans cesse de masquer les fissures et à chaque étape il faut bricoler quelque chose pour maintenir à flot ce navire qui sombre doucement. Cela peut sembler pessimiste, évidemment, c’est simplement la réalité. Nous sommes tous des bricoleurs de nos vies, essayant de construire un édifice à l’apparence solide sur des bases mouvantes. Certains sont doués pour le bricolage, d’autres n’y arriveront jamais.

Il faudrait pouvoir prendre une pause pour tout remettre à plat, non pas consolider l’édifice mais lui redonner une base saine, puis continuer à construire de manière solide en utilisant les bons matériaux. Le confinement n’est pas cette pause salvatrice, loin de là. Une semaine après la fin du confinement pour tous, l’ensemble des bons sentiments auront disparu et nous continuerons notre bricolage pour conserver nos vieilles habitudes, même si ces dernières ne sont pas les meilleures. C’est l’ensemble de l’édifice qui est bancal et qu’il faudrait revoir. Il vacille parce qu’il est construit par des humains, qui ne sont pas parfaits, ce qu’ils édifient ne peut donc pas être exempt d’erreurs. Pourtant nous sommes issus d’un système qui lui semble absolument parfait. Il suffit d’imaginer d’où nous venons, de particules de matière qui se sont agrégées pour former l’univers, les galaxies, les étoiles, les planètes, les soleils pour finir par fabriquer la vie, d’abord unicellulaire puis de plus en plus complexe jusqu’à permettre à des animaux de peupler la terre. Mieux encore, cet édifice n’est pas vide, la conscience est apparue et nous pouvons admirer l’œuvre, la contempler, l’apprécier.

Pour être honnête, cette perfection que représente la nature est elle aussi du bricolage. Ce ne sont que des éléments combinés entre eux pour fabriquer des choses et l’ADN est aussi du bricolage pour fabriquer le vivant. Tout n’est donc que du bricolage. Et beaucoup connaissent les déboires de faire appel à un mauvais plombier ou à un électricien qui n’y connaît rien. Au pouvoir nous avons des bricoleurs du dimanche, vous imaginez la catastrophe. Alors y a-t-il une solution ? Toujours ! Il suffit de la trouver. Peut-être que si nous laissions une intelligence artificielle nous gouverner tout irait mieux. Quoi que, l’intelligence artificielle est mise au point par les humains bricoleurs… Alors, pour l’instant, continuons à bricoler du mieux que nous pouvons. Il y a quand même des êtres doués dans leur domaine. Je ne peux pas tous les citer mais il y a les médecins qui bricolent l’organisme pour le soigner et le réparer, beaucoup de bonnes volontés qui bricolent pour fabriquer des masques et aider la population, des cuisiniers qui bricolent de la nourriture pour venir en aide aux plus faibles, des artistes qui bricolent des idées pour créer des œuvres merveilleuses, des professeurs qui bricolent le savoir pour le transmettre aux générations futures.

L’humanité est un corps de métier, qui embauche des milliards de bricoleurs. Et comme dans toute entreprise artisanale, il y en a qui sont doués, d’autres nuls, d’autres dangereux à la mesure de leur incompétence. La vie est un gigantesque bricolage et vivre c’est devenir le meilleur bricoleur possible pour faire d’une ruine un édifice gracieux…

.

Année 2020. Semaine 15.

 

Confinement : le confinement figurera certainement dans les livres d’Histoire comme le plus grand échec de notre société moderne. Nous avons eu, bien en amont, des exemples de la force du virus dans les pays d’Asie. Mais comme toujours, aucune leçon n’a été tirée. Et comme toujours, nous avons cru que la France allait être épargnée, comme si nos frontières avaient un pouvoir supérieur qui nous protège de tout ce qui est néfaste. Donc, il n’y a eu aucune préparation. Ce qui a conduit à la situation ubuesque actuelle. Il n’y a pas assez de masques pour tout le monde. Ce qui fait qu’un mensonge d’État a prévenu, dans un premier temps, que les masques ne servaient à rien. Nous n’avons pas fait de provisions de tests, un autre mensonge d’État voulait nous faire croire que c’était inutile. Cette impréparation, alors que dans certains cas nous abusons du principe de précaution, a nécessité d’ordonner le confinement, pour avoir l’air de faire quelque chose, d’agir, de masquer une montagne d’incompétences. Nous devrions pourtant être plus évolués qu’à l’époque des grandes pestes.

D’ailleurs, certains pays ont pris les bonnes mesures. La Corée du Sud a immédiatement imposé le port du masque pour tous, ils n’avaient sans doute pas détruit leurs stocks par pure idéologie. L’Allemagne multiplie les tests pour savoir qui doit efficacement rester confiné, mais nous sommes moins bien organisés et préférons maintenir les municipales que de faire déplacer la population sa santé.

Le confinement est une aberration. Avec une once de préparation, d’organisation et de discipline, nous aurions pu l’éviter. Il ne prouve d’ailleurs pas son efficacité, nous avons le modèle tragique de l’Italie. Certains construisent des hôpitaux en dix jours, d’autres utilisent très rapidement des infrastructures publiques pour accueillir les malades. Nous, nous avons des militaires qui mettent quinze jours à construire une tente, dont nous n’entendons plus parler, sans doute parce qu’il ne s’agissait que d’une agitation à l’utilité discutable. Les hôpitaux sont pleins, il faut faire des choix, les plus âgés sont abandonnés. Nous ne savons pas encore combien sont morts, délaissés dans les Ehpad, puisque les chiffres ont tardé à venir et soudain une panne informatique ne permet plus de les communiquer.

Une pile de mensonges, des actions totalement inutiles, un manque de disciple, une organisation bancale au jour le jour au lieu d’une vision à long terme, des querelles sans fondement autre qu’économique en ne pensant qu’à ce que les laboratoires pharmaceutiques pourraient gagner dans cette histoire et quels acquis sociaux vont être détruits… tout dans cet épisode est absolument lamentable. Le confinement est la marque d’un échec, celui d’une société qui ne se remettra sans doute pas en cause après cet événement. Heureusement qu’il y a du positif, à chercher du côté des plus petits salaires qui sont en train de sauver la France. C’est dans la tempête que l’on reconnaît les plus utiles, les fameuses « petites mains ». Les politiciens et les traders ne servent à rien !

.

Année 2020. Semaine 14.

 

Bêtes : à situation exceptionnelle, intervention exceptionnelle. Margarita a réuni ses amis dans la grange, car tous ne comprennent pas la situation.

La chèvre : « Mais donc, les humains sont complètement confinés ? »

Margarita : « C’est exact ma chère amie. Tu vois, pendant le salon de l’agriculture nous sommes derrière des barrières et les humains circulent librement. Aujourd’hui, c’est l’inverse, ils sont dans leurs cages, qu’ils appellent des maisons ou des appartements et nous, nous sommes libres. Enfin, beaucoup d’humains sont indisciplinés et se promènent quand même dans les rues. »

Le cochon : « Si je ne me trompe, c’est à cause d’un virus, qui cause une grave maladie pouvant conduire au pire. Mais lorsque nous, les bêtes, nous sommes les victimes d’un tel drame, ils ne se privent pas pour nous tuer ! »

Margarita, gênée : « Effectivement, c’est la différence entre les humains et les animaux. Quand cela touche l’un des leurs, ils tentent de le sauver. Sauf apparemment lorsqu’il s’agit de personnes très âgées, là personne ne fait rien. Nous les animaux, disons que nous représentons de la nourriture et ils vont donc jusqu’à abattre des troupeaux entiers pour qu’eux ne tombent pas malades en mangeant. Pour leur défense, lorsqu’un virus nous touche ils tentent de nous confiner, pour éviter la propagation. »

Le cochon : « Mais ils ne cherchent pas de vaccin, ne dépensent pas d’argent pour nous soigner et nous tuent sans état d’âme. »

Margarita n’aime pas l’attitude de son ami le cochon. Elle attend une autre question.

L’âne : « Est-ce une bonne chose, ce qui arrive ? Je veux dire, pour nous ? »

Margarita : « Nous sommes des animaux de la ferme, dépendants des êtres humains. Donc non, ce n’est pas une bonne chose. Les bêtes sauvages, elles, se reposent un peu, comme la planète d’ailleurs, elle respire. Mais s’il faut trouver du positif, regardez toute cette solidarité dont les humains sont capables. Sans compter la créativité qui se développe de manière exponentielle, puisque lorsqu’ils ne sont pas occupés à des futilités, les humains créent ! Et puis, cela les fera peut-être réfléchir, même si tous n’ont pas l’intelligence suffisante pour tirer les leçons de cet épisode. »

La poule : « Nous sommes tranquilles pour combien de temps ? »

Margarita : « Un bon moment. Les humains trouvent encore le moyen de se faire la guerre alors que leur espèce est touchée par un virus. Les dirigeants sont souvent très incompétents, donc ce n’est pas demain la veille qu’ils sortiront de leur confinement. Et surtout, ils n’oublient pas qu’il faut chercher à faire du profit, même sur le dos d’un virus, donc les solutions les plus simples sont écartées pour imposer les plus onéreuses, tardant à venir. »

Le mouton : « Et malgré tout ce que tu vois, tu continues à apprécier les humains ? Si la nature elle-même n’en veut plus, je ne vois pas pour quelle raison on s’apitoie sur leur sort. »

Margarita : « Parce qu’il y en a beaucoup qui sont sympas. Ils sont capables d’une grande cruauté mais aussi de la plus étonnante des gentillesses. Ils commettent beaucoup d’horreurs, mais ils savent aussi créer les plus belles œuvres d’art. La plupart ne se soucient pas de nous, mais beaucoup nous aiment. L’humanité est complexe, parfois folle, parfois merveilleuse. Moi je leur souhaite un bon rétablissement ! »

.

Année 2020. Semaine 13.

 

Consciente : on peut raisonnablement se demander si la nature, comprise dans ce contexte comme tout ce qui n’est pas humain, n’aurait pas une conscience. Car bien évidemment, avec les derniers événements beaucoup de ceux qui croient en une force supérieure imaginent que ce virus est une punition divine. Peut-être, mais il y a une explication plus simple. La nature nous envoie des signes de détresse depuis bien longtemps. Ou du moins, elle nous montre qu’elle souffre, en grande partie à cause de nous. Et comme tout symptôme, lorsque la première petite alerte n’est pas entendue, les signes augmentent en intensité pour nous obliger à comprendre le message. Il y a de plus en plus d’inondations, cette alerte n’a pas suffi. Il y a de plus en plus de tornades, cette alerte n’a pas suffi. Nous avons eu droit à des incendies ravageurs sur plusieurs continents, ce signe n’a pas suffi. Nous avons seulement fait semblant d’écouter, comme des enfants qui continuent à faire des bêtises alors que leurs parents essaient de les raisonner sans en venir à une tape sur les fesses ou le confinement dans la chambre… La nature tente de nous envoyer des signes de détresse depuis bien des années, nous sommes restés sourds. Sans doute que là, elle en a eu assez et a donc décidé de frapper un grand coup en s’attaquant directement à la cause du problème. Après de nombreux avertissements, notre mère nature nous donne la baffe que nous méritons. Et la punition est rude, elle nous oblige à prendre des mesures encore jamais vues auparavant. On compare cette situation à la guerre, contre un ennemi invisible. Cet ennemi n’est pas invisible, il est identifié : c’est la nature qui se retourne contre nous. C’est le genre de guerre que nous n’apprécions pas, celles entre humains sont plus simples, d’une certaine manière, puisqu’il est possible de déclarer un cessez-le-feu ou de se réunir autour d’une table pour signer un traité de paix. Là, l’issue est beaucoup moins évidente. En même temps, c’est quand même nous qui avons déclaré cette guerre, la nature ne fait que riposter, et on peut dire qu’elle a été bien patiente. En plus, comme pour nous narguer, elle fait en sorte que le soleil brille. En tous cas en région parisienne nous en profitons, pour ceux qui sont restés et qui ne sont pas partis infecter les régions ! Elle veut rendre la punition exemplaire. Nous n’avons pas écouté les signes. Nous sommes à l’origine de la guerre. Peut-être que finalement la nature a une forme de conscience et a décidé de siffler la fin de la partie. Nous sommes punis, renvoyés dans nos chambres. Est-ce que cette leçon sera suffisante pour nous faire changer ? Selon moi il vaudrait mieux car si une fois de plus nous n’écoutons pas et continuons nos bêtises, la sanction suivante sera encore plus violente. Dans une guerre face à la nature, nous ne sommes pas de taille, nous n’avons aucun moyen de négocier la paix. C’est à nous de capituler et de déposer les armes…

.

Année 2020. Semaine 12.

 

Mauvais film : l’évidence est plus flagrante que jamais : la vie peut ressembler à une fiction. En ce moment nous vivons le scénario d’un film catastrophe. Le scénario est d’ailleurs très mal écrit et les différents acteurs ne sont pas du tout à la hauteur, mais il sera temps de blâmer qui de droit une fois que nous serons sortis de cette situation. Le problème d’un film qui se déroule dans la « vraie vie » est que l’issue n’est pas certaine. Quand Hollywood prend les choses en main on sait qu’il y a un héros et qu’à la fin il sauvera le monde. Là, il manque le héros principal, ou alors il tarde à venir… En même temps, pour la plupart des acteurs de ce film, le script n’est pas très compliqué et se résume à : rester chez soi ! Il semblerait que certains aient du mal à comprendre les consignes. Ce n’est pourtant pas super compliqué quand même. Il vaut quand même mieux ce genre d’ordre qu’un appel à la mobilisation générale pour aller faire la guerre. Personnellement je préfère avoir pour ordre de rester à la maison que de devoir aller au front. Dans les deux cas, l’objectif est d’éviter de mourir ou de faire mourir les autres. Alors arrêtons de nous plaindre et respectons les consignes. Pour beaucoup il est difficile de rester à la maison, mais c’est une occasion aussi de se réinventer. Inutile de se lamenter sur son sort en regardant les chaînes d’information en continu (il n’y a qu’une seule information en ce moment). Chacun peut trouver quelque chose à faire pour sortir plus grand et meilleur de cette période de confinement. Il y a bien sûr la solidarité qui s’organise. Mais au-delà, je ne comprends pas ces gens qui disent s’ennuyer. C’est sûr qu’il est difficile de tenir 45 jours en ne faisant que regarder la télévision. Pour ne pas devenir dingue, il faut une activité qui fait fonctionner le cerveau. Vous pouvez lire, c’est le plus évident. Aujourd’hui les livres peuvent être téléchargés en version numérique et être lus sur une liseuse, un écran d’ordinateur, un smartphone… il n’y a pas d’excuse. Vous pouvez vous intéresser à de nouveaux sujets et apprendre de nouvelles compétences grâce à Internet. Il existe pas mal de formations en ligne, dont beaucoup sont gratuites. Vous pouvez écrire, c’est un bon moyen de passer le temps et de se changer les idées. Je ne dis pas qu’à la sortie du confinement tout le monde aura écrit un roman, mais simplement écrire ce que vous pensez, ce que vous vivez, ne peut que vous détendre et vous occuper sainement. Pour l’activité physique, c’est parfois plus restreint, mais là aussi sur Internet vous trouverez plein d’exercices à faire dans votre salon. Bref, nous sommes quand même entourés par la technologie qui peut nous apporter beaucoup d’occupations, donc personne ne devrait s’ennuyer. Il faut essayer de rester positif, même si c’est difficile, et mettre à profit le temps qui nous est donné. On se plaint de toujours devoir aller travailler et de ne pas avoir de temps pour soi. Maintenant, ce temps, nous l’avons. À nous de le rendre utile, de le faire fructifier pour pouvoir se dire, à la fin du confinement : j’ai progressé !

.

Année 2020. Semaine 11.

 

Vœux : chaque début d’année en se souhaite beaucoup de choses, et principalement la santé, en insistant sur le fait que sans elle rien n’est possible. Nous en avons la preuve actuellement. Alors, cette semaine, en guise de chronique je vous réitère mes vœux : restez toutes et tous en bonne santé !

.

Année 2020. Semaine 10.

 

Vote : il semblerait, pour l’instant, que les élections municipales ne seront pas annulées pour cause de coronavirus. On interdit la tenue du salon du livre de Paris, mais pas les matchs de foot. On repousse le marathon, avec des gens qui courent en extérieur, mais on autorise la tenue d’élections. C’est vrai qu’en général ces dernières ne drainent pas les foules. On préfère tout ce qui nous distrait plutôt que les choses sérieuses. Nos ancêtres se sont battus pour avoir le droit de glisser un bulletin dans l’urne, qu’importe, aujourd’hui on s’en fiche un peu de cet acte citoyen. La situation est peut-être l’occasion de réfléchir à l’instauration du vote électronique. Quand il s’agit de mettre en place une plateforme pour payer ses impôts, il n’y a aucun problème, le projet est réalisé de manière efficace. De façon générale, quand il s’agit de nous faire payer le gouvernement est à la hauteur. Mais le vote électronique, lui, ne rapporte rien. Au contraire, il pourrait mettre en danger la place confortable de certains. Car que signifierait la possibilité de voter depuis chez soi ? Une baisse drastique de l’abstention.

Aujourd’hui, les votes se tiennent le dimanche. Un jour de repos durant lequel il faut donc se lever de son canapé, s’habiller et sortir de chez soi (se laver est une option pour beaucoup). Tout ça pour croiser des gens, patienter, faire la queue, et ce n’est même pas pour acheter un iPhone ou pour participer à un concert, mais pour glisser un papier dans une enveloppe. On ne s’étalera pas sur le sentiment très partagé que de voter ne change absolument rien puisque ceux qui gouvernent sont semble-t-il entrés dans une compétition devant désigner le plus nul, le plus dictatorial, le plus incompétent. Bref, l’abstention n’est pas une surprise. Et surtout, les politiques chérissent l’abstentionnisme. C’est grâce à lui qu’ils peuvent arriver et rester au pouvoir. Sans lui, les cartes seraient redistribuées. Si chacun s’exprimait vraiment à chaque élection, nous serions dans un monde totalement différent.

Et le seul moyen de faire baisser l’abstention n’est pas de proposer des candidats crédibles aux élections, ce genre de chose n’arrivera jamais. Mais permettre le vote électronique, oui, c’est la solution. Imaginez tous ces gens affalés sur leur canapé, à regarder Téléfoot ou une autre niaiserie, qui auraient juste à cliquer sur une touche de leur ordinateur ou de leur smartphone pour voter. Nous obtiendrions des records de participation aux élections ! Il n’y aurait même plus à s’inquiéter d’un virus ou quoi que ce soit. Et puis, il y aurait moins de pression. Dans le bureau de vote on a un peu honte de voter pour les extrêmes. Seul à la maison, il n’y aurait plus de limite. Les gens pourraient vraiment s’exprimer en toute liberté. Mais du coup, comme dit, le paysage politique serait totalement différent. Il y a donc fort à parier que le vote électronique ne verra jamais le jour, parce que s’il est de bon ton de se lamenter sur les chiffres de l’abstention, c’est uniquement elle qui permet à ceux au pouvoir de régner.

.

Année 2020. Semaine 9.

 

Margarita reste un jour de moins que prévu avec nous, puisque notre gouvernement a attisé la psychose du coronavirus le temps de passer discrètement un 49-3. Mais elle ne partira pas sans vous dire au revoir :

« Coucou les amis, j’ai encore passé une super semaine à Paris. Vous étiez nombreux au salon, c’est sympa de venir nous voir. Bon vous êtes un peu agités, avec votre histoire de virus. Je n’y comprends pas grand-chose mais surtout je me demande ce qui cause un si grand affolement. Il ne faut pas paniquer, mais simplement agir. Vous avez normalement la capacité de combattre une maladie, je ne vois pas où est le problème. Vous avez même une organisation mondiale de la santé, c’est dire si vous devriez être efficaces ! De manière générale je vous trouve très stressés. Tout le temps à regarder votre montre, à penser à ce que vous devez faire ensuite, vous n’êtes jamais concentrés sur l’instant présent.

Un petit séjour à la ferme vous permettrait de vous détendre. Là on ne se laisse pas conduire en esclavage par des obligations souvent futiles, on prend le temps. Celui que la nature impose, parce qu’il faut lui faire confiance, la nature sait ce qu’il faut à chacun, à quel moment, dans quelles proportions. Calmez vos esprits, écoutez la nature, elle n’est pas qu’autour de vous mais aussi en vous, puisque vous en faites partie. La vie est très courte, attention, il faut prendre garde de bien en apprécier chaque minute.

Les problèmes d’aujourd’hui seront oubliés demain et de nouveaux surgiront pour prendre toute la place sur le devant de la scène. C’est épuisant et à ce rythme vous ne pouvez accomplir que de petites choses, non pas mener de grandes entreprises comme vous saviez le faire. Croyez les conseils d’une vache, il faut rester zen, prendre les événements comme ils viennent, gérer et se dégager le plus de temps possible pour se reposer, profiter des siens, savourer ce que la vie a de meilleur. N’oubliez pas les instants de solitude, ils sont importants. Il faut parfois se retrouver avec soi.

Vous appelez ça l’ennui, mais vous vous trompez. Être seul avec soi-même est essentiel, pour se ressourcer, se découvrir. Vous prenez des avions et des bateaux pour visiter les quatre coins du monde, mais quand prenez-vous le temps de vous explorer vous-même ? Quand je suis affalée dans mon champ et que je semble ne rien faire à part avoir les yeux dans le vague, je réfléchis sur ma personne, j’écoute mon corps, j’apprends à me connaître. Ces instants sont primordiaux. La vie n’est pas une fuite en avant, elle est ce que vous êtes ici et maintenant.

Je vous laisse avec cette sagesse d’une vache qui retourne dans sa campagne profonde. Parce qu’une semaine à Paris c’est sympa, mais maintenant j’ai besoin de calme. Je vous retrouve l’année prochaine et en attendant, soyez gentils. C’est mon conseil le plus important : être gentil avec soi et avec les autres. Vous verrez que tout ira mieux. Je vous fais de gros bisous, prenez soin de vous ! Margarita »

.

Année 2020. Semaine 8.

 

Comme c’est de tradition depuis plusieurs années, pendant la durée du salon de l’agriculture c’est la vache Margarita qui prend le contrôle pour faire ses chroniques. Je vous laisse donc avec elle…

« Salut les amis, c’est encore Margarita qui revient faire la belle dans la capitale ! Je suis tellement heureuse de vous écrire, même si chaque année j’ai l’impression de vous retrouver dans un état plus critique que la fois précédente. Durant le salon, les gens viennent se confier à moi et c’est assez terrible. Quel pessimisme mes amis, il faudrait penser à arrêter cette addiction à la déprime. Bon d’accord, vous avez vécu une longue période de grèves et ce n’était sans doute pas drôle, mais les Français sont débrouillards et finalement l’impact de ce mouvement a été assez limité. Vous vous battez pour votre retraite, mais au moins vous avez la chance d’en avoir une. Nous les vaches, une fois qu’on ne produit plus rien, ce n’est pas la retraite qui nous attend mais l’abattoir. Et on ne fait pas la grève du lait pour autant. Vous continuez à vous entretuer, ce que je ne comprendrai jamais. Tuer pour une religion, ou tuer une femme parce que c’est une femme, pour ne prendre que deux exemples tragiques, c’est totalement débile, cela ne devrait même pas exister, puisque vous êtes soi-disant l’espèce supérieure, la plus intelligente qui peuple cette terre. On dirait que vous n’avez que des problèmes ! Respirez un bon coup, réalisez que vous avez de la chance d’être humains et positivez.

Je vois aussi que vous êtes de plus en plus accros à vos smartphones, je ne pensais pas une telle chose possible. Beaucoup de gens au salon ne me regardent même plus. Ils passent dans les allées en consultant leur page Facebook, en répondant à des messages sur WhatsApp, en prenant des photos par milliers qu’ils ne regarderont jamais ou en posant avec moi pour des selfies. Je comprends qu’on veuille immortaliser une rencontre exceptionnelle avec Margarita, c’est le genre d’événement qui marque une vie. Mais quand même, levez un peu les yeux, ce ne sont pas les machines qui vous nourrissent, profitez du salon pour apprécier cette belle diversité de la nature qui vous permet de manger et donc tout simplement de vivre ! Nous ne sommes pas qu’un décor pour Instagram, nous sommes la vraie vie !

Venez donc faire un petit séjour dans mon champ. Quand je ne suis pas dans la capitale, je passe mes journées à brouter de l’herbe dans un grand espace tout vert, avec de l’air pur, sans télé, sans smartphone, sans Internet, sans informations. Une petite cure vous ferait le plus grand bien. Il faut apprendre à se déconnecter, à se rendre compte que la vie ce n’est pas Netflix ou les pornos de Griveaux. On s’en fiche de toutes ces âneries, ce ne sont que des futilités. Votre seule mission est d’être heureux, alors laissez tomber tout ce qui est inutile et vous pourrit la tête inutilement. Moi je compte bien être positive et profiter de mon passage à Paris.

Je vais me préparer, mettre un peu de maquillage et une jolie tenue, pour passer inaperçue dans les rues. L’avantage est que les humains sont tellement centrés sur eux-mêmes qu’ils ne remarquent même pas une vache sur les Champs-Élysées. Vous créez tant de beauté. Je crois que je vais d’abord faire un tour dans les musées, j’adore l’art, vous êtes capables de réaliser des merveilles. Ensuite je dois trouver une librairie pour faire le plein de bons romans, vous avez tellement d’imagination, grâce à des mots sur du papier je peux voyager partout dans le monde et l’univers, tout en restant avachie dans mon champ. Après j’irai voir si vous avez inventé de nouveaux cocktails, parce que faire la fête c’est un des trucs que j’adore chez les humains. Et puis je finirai tranquillement assise au bord de la Seine à juste admirer la beauté de la ville qui s’endort. Sans jamais prendre de selfie, juste pour profiter de l’instant présent.

Et puis je dois aussi passer sur la tombe de Jacques. Votre nouveau chef n’est pas aussi sympa, il ne me tape jamais les fesses, c’est nul. Bref, je m’en vais voir toutes les beautés dont vous êtes capables, puisque vous, vous ne savez pas en profiter. Je vous dis à très vite ! »

.

Année 2020. Semaine 7.

 

Déresponsabilisation : à noter cette semaine dans les informations cruciales, non pas l’agitation écologique d’un président en vue des municipales, non pas la libération d’un comédien politicien professionnel pour cause de maladie, non pas les déboires d’un homme public qui n’a pas eu l’intelligence de faire attention à ce qu’il filmait, mais bien la mort d’une adolescente par électrocution. L’histoire est toute bête, puisque c’est un accident. Elle est dans son bain, avec son smartphone branché à la prise. Le smartphone glisse, extinction des feux. Le plus surprenant est la réaction du père : il faut que les constructeurs prévoient une sécurité en cas de contact avec l’eau ! Mais non, ce n’est pas aux constructeurs de pallier la bêtise humaine. Cet accident aurait pu être évité grâce à ce qui s’appelle l’éducation. Cette dernière n’est pas délivrée par les nouvelles technologies, ni même par l’école, puisqu’elle est de la responsabilité des parents. Je ne sais pas mais moi on m’a toujours appris que quoi qu’il arrive, on ne manipule pas un appareil électrique quand on est en contact avec l’eau. Dans le cas cité, nous avons bien vu que le chargeur n’était pas celui du constructeur. Donc que peut-il y faire ? C’est juste une immense bêtise ou de l’inconscience qui a conduit à cette mort. Ce n’est pas la faute des autres, il n’y a rien à faire contre la négligence de chacun. Il paraît tellement logique de ne pas avoir avec soi un appareil branché lorsqu’on est dans son bain ! Mais on déresponsabilise tellement les gens qu’au final ils ne veulent plus avoir à penser, même à des choses de base. Il faudrait prévoir toutes les bêtises dont est capable un être humain. Et il n’existe pas encore de machine assez puissante pour calculer toutes les âneries dont nous sommes capables…

.

Année 2020. Semaine 6.

 

Échec : la peur de l’échec souvent nous paralyse et nous empêche d’agir. Un phénomène tout de même étrange. Car pour avoir peur d’échouer, il faut qu’il y ait en premier lieu la volonté d’entreprendre. Or, lorsque nous entreprenons de réaliser un projet, il semblerait naturel d’y croire à tel point que l’échec ne devrait même pas être une option. L’être humain est ainsi fait que même lorsqu’il se sent sûr de lui, ce n’est jamais à cent pour cent et il y a constamment une petite voix qui lui dit qu’il pourrait échouer. Lorsque cette idée prend le pas sur la confiance en soi, tout s’arrête, nous ne cherchons même plus à entreprendre, certains d’échouer. Ce qui est une fois de plus paradoxal. Bien sûr, ne rien entreprendre nous assure de ne pas échouer. Mais la vie est-elle vraiment intéressante sans projets, sans risques, sans construire quelque chose ? Il faut sans cesse entreprendre et tenter de ne pas penser à l’échec. Il est évident que tout projet comporte une probabilité d’échouer, c’est absolument normal. Il faudrait pourtant ne pas y penser et aller de l’avant. Sans doute que cette peur de l’échec vient du fait que l’on ne supporte pas de ne pas réussir. Les exemples de l’Histoire nous montrent qu’en réalité celles et ceux qui ont réussi ont dans un premier temps dû affronter une multitude d’échecs. Cette peur est donc irrationnelle puisque nous devons nous accorder le droit d’échouer. Le drame, ce n’est pas l’échec, mais bien le refus d’entreprendre ! Si tous les humains se laissaient totalement paralyser par l’idée de l’échec, jamais nous n’aurions connu de telles avancées technologiques et scientifiques. Chacun a des ambitions, à plus ou moins grande échelle. La vie, c’est progresser, aller de l’avant, parfois réaliser ce qui semble impossible au départ. Il ne faut pas avoir peur d’échouer, il n’y a rien à craindre. L’échec est simplement une étape, qui indique que le plan de départ n’était pas parfait. Mais alors, la seule réaction appropriée est de recommencer, en acceptant de tirer la leçon de l’échec, pour s’assurer la réussite. À l’être humain il n’y a absolument rien d’impossible. Quand un projet ne nous semble pas réalisable c’est que nous laissons trop de place à l’idée que nous allons échouer. C’est donc souvent une crainte totalement infondée qui nous paralyse et nous empêche de réussir. Seuls ceux qui ne font rien n’échouent jamais, donc en réalité l’échec est la preuve que vous faites partie des personnes qui entreprennent quelque chose de nouveau et qui donc donnent un sens à leur vie ! Vous n’échouez pas, vous apprenez une leçon qui vous aide à réaliser votre projet. Il ne faut jamais baisser les bras, une vie sans échecs est une vie sans défis.

.

Année 2020. Semaine5.

 

Humilité : la nature est apaisante parce qu’elle recèle toute la sagesse que nous devrions adopter. Elle est imperturbable. Peu importe ce qui nous tourmente, ce qui nous agite, les drames qui nous ébranlent, la nature reste stoïque. Certains jours il pleut, le lendemain il fait beau. La température baisse, puis remonte. Il neige, il vente, parfois violemment. L’océan est calme ou agité. La terre paisible ou tremblante. Les animaux vaquent à leurs occupations, industrieux, certainement qu’ils détiennent aussi un secret, celui du bonheur. Ils ne se torturent pas l’esprit, ils vivent, au jour le jour, insouciants. Les végétaux se laissent bercer par des cycles bien précis, ils savent quand se mettre en sommeil et à quel moment s’épanouir. Nous faisons une montagne de chaque événement. Un pays qui quitte l’UE fait la une des journaux. Un virus et nous paniquons. Nous nous inventons des milliers d’histoires pour nous occuper l’esprit, mais à quoi bon ? L’exemple de la sérénité nous entoure en permanence. La nature n’en a que faire de nos états d’âme, elle n’en a pas. Nous devrions prendre exemple sur cette nature qui nous entoure, en tirer les enseignements au lieu de nous pourrir l’existence avec des sujets qui n’ont finalement aucun intérêt. Retrouvons un peu de cet apaisement qui est la caractéristique de la nature, et qui fait donc partie de nous aussi puisque contrairement à ce que l’on veut croire, nous faisons partie de la nature. Il ne s’agit pas d’une entité extérieure, nous l’oublions trop souvent. Chaque jour simplement vivre. Accepter les changements sans crise. Avancer lentement vers les objectifs que l’on se fixe. Se consacrer à son propre bien-être, en accord avec ce et ceux qui nous entourent. Ne pas être dans la lutte permanente mais au contraire faire de son mieux pour être digne du temps qui nous est octroyé. Baisser les armes pour simplement profiter de la vie. La nature est imperturbable, elle fait son office sans haine, sans combattre ce qu’elle est réellement. Elle est notre modèle quotidien, essayons de suivre ses enseignements. Il en résultera une grande harmonie, bien plus utile que nos luttes si vaines. Accepter ce que nous sommes, ne pas vouloir plus que nécessaire, profiter d’avoir conscience du monde qui nous entoure pour jouir de ses beautés sans les détruire, ne pas s’attarder sur les querelles inutiles. Le seul hashtag indispensable est : je suis la nature…

.

Année 2020. Semaine 4.

Pessimisme : les médias aiment montrer ces magasins vides, dans lesquels les consommateurs ne se rendent pas. Ils adorent saper le moral de tout le monde en prouvant par A plus B que les soldes sont un désastre. Et bien sûr, la faute est rejetée sur les grévistes. Évidemment, quand les transports ne fonctionnent pas il est difficile d’avoir envie de sortir. Mais cela concerne surtout Paris, puisque dans beaucoup de régions de France il faut de toute manière prendre sa voiture pour se rendre dans les magasins. L’excuse est donc plus ou moins bidon. Surtout qu’en observant ce qu’il se passe dans la capitale, donc en marchant dans ses rues, on ne peut que constater qu’il y a tout de même du monde dans les magasins et dans les cafés. Il est normal que les médias ne s’accusent jamais eux-mêmes. Pourtant ils sont bien la cause du pessimisme général, c’est leur fonds de commerce. Si l’on ne se fie qu’aux informations, la seule conclusion est que nous allons tous mourir très rapidement ! Des incendies ici, des inondations là, des guerres là-bas, des meurtres, des agressions, rien ne va, ce monde est terrible, et c’est finalement peut-être un virus venu d’Asie qui va nous achever. À force de faire peur à tout le monde et de miner le moral de la population, il est parfaitement logique que les gens n’aient plus envie de sortir et de consommer. Ils ne se déplacent même plus pour assister à des spectacles vivants, les théâtres se vident. A-t-on vraiment besoin d’une telle dose de pessimisme ? Ne pourrions-nous pas essayer autre chose, pour une fois, et regarder le bon côté des choses ? Pour cela, il faut juste fuir les informations et se concentrer sur le monde que l’on peut voir. On peut toujours trouver de la beauté, de la joie, de quoi être heureux. Le monde ne tourne sans doute pas rond, mais ce qui compte est ce que l’on vit au quotidien. Et notre seule tâche, au niveau individuel, est de ne pas se laisser détruire par le pessimisme que l’on tente de nous imposer. La vie peut être belle, il faut essayer de l’apprécier chaque jour…

.

Année 2020. Semaine 3.

 

Automatisation : si les grèves ont permis une révélation, c’est que les lignes automatiques du métro sont un véritable rêve. Elles ne s’arrêtent jamais (sauf manifestations avec casseurs en surface). On se demande d’ailleurs pour quelle raison, parce que j’imagine et j’espère qu’il y a quand même des humains derrière les écrans pour vérifier que tout se passe bien. Mais ils ne se mettent pas en grève. C’est donc un mauvais point pour l’humanité. Ce genre de révélation donne certainement envie à beaucoup d’usagers de voir l’ensemble des lignes devenir automatiques. Au moins avec les machines il n’y a pas d’état d’âme, pas de maladies, pas de grèves. Quand on ne dépend plus de l’humain, tout va mieux. Est-ce la conclusion qu’il faut en tirer ? L’humain peut être remplacé par la machine dans beaucoup de domaines. Tout a commencé sur les chaînes de montage, dans les usines qui fabriquent des voitures. Le phénomène ne va pas cesser de s’accentuer puisque les machines sont de plus en plus perfectionnées et qu’on nous dit qu’elles deviennent intelligentes. Rien qu’avec une once d’intelligence elles dépasseront déjà de loin une bonne partie des capacités humaines. Parce que l’intelligence n’est plus ce qui nous caractérise, ou seulement un faible pourcentage d’humains, nous en avons la preuve chaque jour.

Si l’on résume, la grève pour sauver les retraites prouve que l’automatisation des lignes de métro est une excellente chose et qu’il faudrait accélérer le mouvement pour que toutes finissent par fonctionner sans conducteur. Ce qui veut dire moins d’emplois. Faire grève pour sa retraite et en conséquence en perdre son emploi, c’est assez ironique. Les machines nous remplacent à marche forcée. Que va-t-on faire de la masse humaine, la grande majorité, qui n’a pas de qualification particulière, entendant par-là : qui ne peut pas construire ou entretenir les machines intelligentes ? Nous sommes de plus en plus nombreux, le travail a de moins en moins besoin de nous et la nature aimerait bien que nous cessions de proliférer pour éviter la destruction totale de la planète. Le cœur du dilemme est donc une lutte pour l’intelligence. C’est la machine la plus intelligente qui dominera et si l’on considère que la nature possède une forme d’intelligence elle est dans la compétition aussi. La question est de savoir si nous serons à la hauteur pour avoir toujours un niveau intellectuel supérieur à la machine. Il suffit de se promener quelques minutes dans les rues de Paris pour se rendre compte que ce n’est pas gagné…

.

Année 2020. Semaine 2.

 

Pivot : l’âge pivot de départ à la retraite, ou en novlangue « âge d’équilibre provisoirement retiré », devient une obsession. Le but est donc de partir à la retraite le plus tôt possible, ceux qui travaillent ne rêvent que d’arrêter de travailler pour enfin pouvoir être payés sans avoir à se rendre au bureau, à l’usine ou sur un chantier. Certes, c’est important, mais reprenons conscience que la retraite n’est pas l’Eldorado. Chacun discute comme si la vie professionnelle mettait entre parenthèses tout le reste et qu’il faut attendre la retraite pour enfin commencer à vivre. Ce n’est évidemment pas du tout de cette manière qu’il faut raisonner. La vie est un voyage continu, qui ne prend jamais de pause. Elle est certes ponctuée de nombreuses contraintes propres à l’espère humaine. Les élèves n’espèrent que la fin des cours, les employés ne pensent qu’à la fin de la journée, on ne peut pas vivre en ne pensant qu’à la fin de quelque chose. Il faut profiter de chaque journée pour s’épanouir, apprendre, aller de l’avant, se construire une belle existence, malgré les contraintes. Tous les problèmes ne seront pas derrière nous une fois à la retraite, puisque de fait cette pause bien méritée intervient à un certain âge et c’est alors le corps et ses douleurs qui deviennent des contraintes. Il ne faut pas se focaliser uniquement sur cet âge qui nous permettra de ne plus travailler, mais profiter de chaque instant, que ce soit en famille, entre amis, au travail… Ne perdons pas une seule occasion d’être heureux, chaque jour nous prenons le risque de tout perdre, alors il est indispensable de tirer le meilleur parti de chaque minute qui s’écoule. N’attendons pas la retraite pour nous adonner à nos passions, à nos loisirs, pour profiter de la vie ! Car la vie elle-même est un travail permanent, un chantier perpétuellement en cours, qu’il est de notre responsabilité de mener le mieux possible pour être heureux au quotidien sans attendre que demain nous apporte un éventuel bonheur. Lorsqu’on prend sa retraite de la vie, il est trop tard, alors ne perdez pas une seconde pour jouir pleinement de ce précieux cadeau. Pour ce qui est du futur, nous verrons bien, de toute façon nous ne pouvons agir que dans l’instant présent.

.

Année 2020. Semaine 1.

 

Repos : en ce début d’année il est heureux de constater que les Français sont positifs. En effet, ce qui a fait la une des médias durant les premières heures de 2020 est une excellente nouvelle : cette année il y a la possibilité de faire de nombreux ponts et de multiplier les congés comme d’autres le pain. Voilà donc ce qui intéresse en priorité les Français : poser des congés ! C’est assez comique finalement, puisque depuis des semaines on se bat pour sauver nos retraites, pour partir le plus tôt possible et que dans le même temps, pour mériter ces avantages, tout ce à quoi l’on pense ce n’est pas à travailler mais à être en congé. Comique aussi le fait que la source principale de ces congés soient les fêtes religieuses catholiques. On se dit laïcs, les églises sont vides, il faut bannir la religion, surtout catholique, de la vie publique et ne surtout pas exhiber des crèches. En revanche, les fêtes religieuses en lien avec Jésus et la Vierge Marie ne semblent poser de problème à personne. S’il fallait compter uniquement sur les quelques fêtes républicaines nous n’irions pas bien loin. L’année vient à peine de commencer et nous pensons déjà à nous reposer. Se plaindre que rien ne va et ne rien faire, est-ce cela l’esprit français ?

Ne rien faire est la clé du succès dans notre pays. Quand on regarde le fameux classement des personnalités préférées des Français, on le constate chaque année. Jean-Jacques Goldman est encore et toujours premier. Il a un talent immense, certes, mais ce qui le fait aimer des Français est justement qu’il ne fait rien. Il ne sort plus d’album, il n’est pas à la une des magazines people, il ne propose rien, on l’adore. Du côté féminin il y a Sophie Marceau à la tête du classement. Et elle atteint la première place cette année parce qu’elle n’a rien fait. Lorsqu’elle joue dans des films, elle dégringole à une autre place que la première. Pour être numéro un dans le cœur des Français, surtout il faut ne rien faire. Ne pas parler, ne pas apparaître à l’écran, ne pas être engagé, disparaître de la scène publique. Quand on agit, on est détesté. Surtout, il ne faut pas réussir, avoir du succès dans ses entreprises, sinon il n’y a aucune chance d’entrer dans ce classement. En 2021 je pourrai réécrire la même chose, on ne changera pas les Français qui aiment se plaindre, ne rien entreprendre et qui détestent ceux qui vont de l’avant.

Heureusement ce n’est pas vrai pour tout le monde…

.

ARCHIVES 2019