Nicolas de Cues

La docte ignorance

 « Tout recherche est comparative et utilise le moyen de l’analogie. »

« Il n’y a qu’une forme des formes, unique et infinie, dont toutes les formes sont les images. »

« Rien ne pourrait exister si le maximum dans sa simplicité n’existait pas. Tout ce qui n’est pas le maximum est fini et, en tant que tel, principié ; ce qui implique nécessairement qu’il dérive d’un autre que lui ; car, si le principié était son propre principe, il serait au moment même où il n’est pas encore. Mais il est impossible, comme le stipule la maxime, de remonter à l’infini la chaîne des principes et des causes. Il y aura donc un maximum simple, sans lequel rien ne peut être. »

« De fait, rien ne semble précéder le pouvoir-être. Comment en effet quelque chose existerait-il s’il n’avait eu auparavant la possibilité d’être ? »

« La nature humaine enveloppe non seulement les hommes qui existent mais aussi ceux qui n’existent pas et n’existeront jamais, bien qu’ils eussent pu exister. De la sorte, même s’il se pouvait qu’arriver quelque chose qui n’arrivera jamais, rien cependant ne serait ajouté à la providence divine, puisque celle-ci enveloppe outre ce qui arrive, ce qui n’arrive pas, mais peut arriver. »

« Toute possibilité est contractée, et elle est contractée par l’acte. C’est pourquoi on ne trouve pas de possibilité pure, sans qu’un acte, quel qu’il soit, vienne la déterminer d’une façon ou d’une autre. »

« Le pouvoir-être ne peut être amené à l’acte s’il n’est causé par un être en acte, puisque rien ne peut par lui-même produire son être en acte, à moins de supposer qu’il ne soit de lui-même sa propre cause ; mais, dans ce cas, en effet, il serait avant d’être. C’est pourquoi ces mêmes philosophes ont dit que ce qui fait être en acte la possibilité agit intentionnellement, de sorte que la possibilité arrive à l’être en acte par un processus rationnel et non pas par hasard. »

« On ne peut en effet rien intelliger qui ne soit pas déjà en soi-même de façon contractée. En intelligeant, l’intellect développe, au moyen de notions et de signes comparatifs, un monde de similitudes qu’il contracte en lui. »

« Le tout est présent dans l’une de ses parties, quelle qu’elle soit, par l’intermédiaire de n’importe laquelle d’entre elles. »

« Dispersés sur la Terre, beaucoup de gens nous restent inconnus, nous ignorons qui l’emporte sur les autres au monde, puisque nous sommes incapables de connaître parfaitement un seul homme parmi toute l’humanité. En vérité, Dieu a fait cela pour que chacun fût content de soi –tout en admirant les autres –, content de sa propre patrie, pour que le sol natal lui parût plus doux, content des mœurs de son royaume, de sa langue, etc. »

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