André Comte-Sponville

Présentations de la philosophie

 « Le passé n’existe pour nous qu’au présent, ou dans le présent : il n’existe, c’est tout le paradoxe de la mémoire, qu’en tant qu’il n’est pas passé. »

« Si l’avenir existait, il ne serait pas à venir : il serait présent. Il n’est ce qu’il est, c’est tout le paradoxe de l’attente, qu’à la condition de n’être pas. »

« Le temps passe, mais il n’est pas passé. Il vient, mais il n’est pas à venir. Rien ne passe, rien ne vient, rien n’arrive que le présent. »

« Si le présent, pour être du temps, doit rejoindre le passé, comment pouvons-nous déclarer qu’il est, lui qui ne peut être qu’en cessant d’être ? »

« Ce temps, que nous mesurons ou imaginons, est composé surtout de passé et d’avenir, lesquels n’ont d’existence que pour l’esprit : comment savoir si ce n’est pas le cas, aussi, du temps lui-même ? »

« Qu’est-ce alors que le temps, qui ne passe qu’à la condition de demeurer, qui ne demeure qu’à la condition de s’écouler, qui ne se donne, enfin, que dans l’expérience de sa fuite, par quoi il nous échappe ? »

« Ce n’est pas l’éternité qui est dans le temps ; c’est le temps qui est dans l’éternité. Ce n’est pas Dieu qui est dans l’univers ; c’est l’univers qui est en Dieu. »

« La mort ne nous prendra rien (puisqu’elle ne nous prendra que l’avenir, qui n’est pas), que le temps ne nous prend rien (puisque le présent est tout), enfin qu’il est absurde d’espérer l’éternité (puisque nous y sommes déjà). »

« La vérité, c’est ce qui est (vérité de l’être) ou ce qui correspond exactement à ce qui est (vérité de la connaissance). C’est pourquoi aucune connaissance n’est la vérité : parce que nous ne connaissons jamais absolument ce qui est, ni tout ce qui est. »

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