Michael : Invisible

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Réécritures, Relectures et Retours

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Michael : Invisible est, sans grand mystère, un roman écrit par un fan sous le choc de la disparition de son idole. Il m’a quand même fallu du temps pour pouvoir écrire ce roman, la disparition de Michael ayant été un événement brutal et traumatisant.

Écrire avec le cœur est ce qui fonctionne le mieux, les mots coulent naturellement et il n’y a aucun risque de manquer d’inspiration. Par contre, à se laisser submerger par ses propres émotions il y a le risque de verser dans le journal intime, ce qui devrait rester privé, ce qui est inaccessible aux autres. Or un roman est un partage, il faut donc que d’autres puissent également se retrouver dans l’histoire et se laisser porter par les mots.

La réécriture : c’est avec ce roman que je veux souligner l’importance des réécritures et des relectures. Le premier jet n’est en général pas « publiable » en l’état. Il s’agit d’une écriture pleine de fougue, en prise directe avec l’émotion, des qualités qu’il faut savoir garder. Car la difficulté est d’améliorer le texte sans le dénaturer ou lui faire perdre sa fraîcheur.

Michael : Invisible, je l’ai réécrit huit fois. Simplement parce que je n’étais pas satisfait du ton donné à l’ensemble. Je voulais être à la hauteur du thème et bien entendu à la hauteur du personnage auquel ce roman est dédié. Alors je ne dis pas que le roman final, celui que vous pouvez lire, arrive à la cheville du talent de Michael, c’est impossible. Mais ce n’est qu’à la huitième réécriture que j’ai estimé avoir trouvé le ton juste rendant exactement ce que je voulais exprimer.

Bien entendu, la plupart du temps il n’est pas forcément nécessaire de tout réécrire. Relire c’est identifier les parties plus faibles, que l’on va ensuite pouvoir isoler pour procéder à une réécriture ponctuelle. C’est à ce moment qu’il faut prendre garde à ne pas perdre la fraîcheur du premier manuscrit. A force de remanier le texte il peut se transformer en une sorte de patchwork déroutant pour les lecteurs qui, l’auteur ne doit pas l’oublier, n’ont pas connu tous les cheminements de la première version jusqu’à celle publiée.

La relecture : la première relecture permet de détecter les incohérences, dans la construction du plan ou dans les révélations qui sont faites et qui doivent se succéder de façon logique. S’il y a trop d’incohérences, c’est qu’il faut procéder à une réécriture complète. Et il ne faut pas avoir peur de tout reprendre, ce n’est pas le roman une fois publié qu’il faut y revenir pour le modifier. Il faut donner aux lecteurs le meilleur de soi-même.

Au fil des relectures, on laisse peu à peu derrière soi les incohérences (qui disparaissent) pour se concentrer sur la construction grammaticale et évidemment sur les fautes d’orthographe. On cherche sans cesse à simplifier la langue française. En apparence, c’est une bonne chose, mais nous risquons de la rendre pauvre alors qu’elle est d’une richesse inouïe. Ce n’est pas parce que les règles sont difficiles à maîtriser qu’il faut les modifier, au contraire c’est à nous de progresser pour maîtriser cette langue qui a permis de produire tellement de textes aussi magnifiques qu’intemporels.

Les relectures doivent être espacées. L’idéal est de laisser le roman reposer quelques semaines avant de le reprendre. On a envie de le publier immédiatement, d’aller vite, notre société veut aller toujours plus vite. Mais la littérature est un art qui requiert de la patience. On peut produire des ouvrages rapidement, selon une trame bien connue, pour débiter des romances sans grande originalité mais qui plaisent. Pour ce qui est de la littérature, il faut prendre son temps et ciseler son roman comme on taille une pierre précieuse.

Ensuite, s’il faut encore le souligner, il est indispensable de faire relire sa prose. L’auteur ne peut jamais voir toutes ses erreurs, puisque nous avons tendance à lire ce que nous voulons voir écrit et pas forcément ce qui est réellement écrit… Un phénomène très agaçant et les correcteurs automatiques ne comprennent pas toutes les subtilités de notre langue. Enfin, soyons heureux que les machines ne nous remplacent pas encore à la perfection !

Les retours : Michael : Invisible est, de l’ensemble de mes romans, celui qui a suscité le plus de remarques. Et quand les lecteurs veulent contacter l’auteur, ils savent comment s’y prendre. Souvent cela ne passe pas par les commentaires mais plutôt des messages directs sur Facebook ou par e-mail. Pour ce roman il y a eu deux types de réactions.

D’abord les non-fans de Michael (comment est-ce possible ?). On peut aimer écouter Thriller et ne pas s’être intéressé à la carrière du génie après ce coup de maître. Donc beaucoup ont été choqués par sa disparition sans remettre en cause la version officielle. Eh bien, pas mal de lecteurs m’ont écrit pour me dire qu’avant d’ouvrir le roman ils étaient convaincus que Michael était mort mais qu’après… le doute s’est installé. Quand la fiction flirte dangereusement avec la réalité, il est possible de réécrire l’Histoire.

Et puis il y a eu les fans. Certains m’ont écrit pour me demander si je savais où se cache Michael ! Là nous sommes dans le cas de la fiction prise pour la réalité. Je n’ai jamais joué là-dessus et j’ai toujours précisé qu’il s’agissait d’une fiction. Ceci pour m’entendre dire : « Je comprends, vous savez des choses mais vous ne pouvez pas le dire ».

Pour écrire, il faut savoir prendre son temps. Un bon roman ne se mesure pas à la quantité de mots, de pages, de chapitres, le véritable auteur arrive à ressentir lorsque son roman est inabouti et lorsqu’enfin il est prêt. Il ne faut partager son œuvre que lorsqu’elle est pleinement aboutie (une évidence qui n’es pas toujours appliquée). La récompense est de permettre à d’autres de s’évader le temps d’une fiction dont on est le créateur…

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