JP Lectures

« La dernière licorne »

Tobby Rolland

Présentation :

« Turquie, marché d’Igdir. Aman, la fillette kurde dont la famille est gardienne millénaire du mystère de l’Ararat, n’aurait pas dû accepter cette licorne en bois… Elle savait que c’était interdit.

Melbourne, Parlement mondial des religions. Un rapport secret est alarmant : les glaces du mont Ararat fondent inexorablement. L' » anomalie d’Ararat « , cette forme détectée au cœur du glacier, est-elle  » la  » preuve que l’arche de Noé s’y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?

Arménie, Etchmiadzine. Quatorze mercenaires font irruption dans la cathédrale pour s’emparer d’une relique inestimable : un fragment de l’arche. Leur but : ne laisser aucun témoin. C’est le déclenchement d’une vague de meurtres aux quatre coins du monde.

Vatican, enfer de la Bibliothèque apostolique. Zak Ikabi, ethnologue et aventurier, a moins de trois minutes pour photographier l’original du sulfureux Livre d’Enoch. Quel secret, dont dépend l’avenir de toutes les religions, relie les mythes de l’arche, du Déluge et des licornes ?

Université de Toulouse-Le Mirail, laboratoire du DIRS. La glaciologue Cécile Serval se trouve nez à nez avec Zak, venu lui dérober son rapport secret. C’est le début d’une course qui nous emporte de l’Arménie au Vatican, du Nakhitchevan à Hong Kong… Pour s’achever sur les flancs de l’Ararat…

Là où la vérité dépasse l’imagination. »

Mon avis de lecteur :

La comparaison avec le « Da Vinci Code » est inévitable, ce qui prouve à quel point nous sommes formattés. Sauf qu’avec « La dernière licorne » j’ai découvert un roman beaucoup plus complexe, extrêmement bien documenté, me permettant de découvrir des éléments que je ne connaissais pas plutôt que les platitudes énoncées par Dan Brown.

L’histoire est extrêmement bien construite, l’aventure démarre dès les premières pages à un rythme soutenu qui ne se calme pas. Des personnages bien marqués et attachants, différentes époques mêlées de façon naturelle et fluide, une intrigue prenante, une diversité de lieux que l’auteur donne envie de découvrir… il y a tout pour transporter le lecteur, pour l’édifier (dans le sens noble du terme).

L’auteur signe là son premier roman. Un coup de maître !

Mon avis d’auteur :

Je ne peux pas lire un ouvrage de fiction sans penser à la manière dont je l’aurais moi-même conçu. J’aurais aimé avoir l’idée de cette aventure et j’aurais voulu pouvoir écrire aussi bien, en amenant une somme de connaissances de manière aussi évidente, sans jamais rebuter le lecteur.

Par contre j’aurais certainement conçu une autre fin. Dans les dernières pages on perd pied et les situations sont trop évidentes. Ce n’est pas bien grave puisque l’essentiel est atteint : faire douter le lecteur, l’obliger à se poser des questions sur les vérités que l’on nous impose, susciter le doute par rapport aux versions officielles !

Je dois avouer que j’ai découvert un grand auteur (une pointe de jalousie ?).

Mon coup de gueule :

« La dernière licorne » mérite un succès bien plus grand que le « Da Vinci Code ». Sauf que notre monde fonctionne uniquement sur la base de la communication à outrance. Ceux qui ont les moyens de faire leur promotion sortent du lot, même si leurs romans sont basiques, d’une banalité affligeante, s’ils ne peuvent même pas prétendre à être considérés comme de la littérature. Parce que la plupart des fictions écrites aujourd’hui ne sont que de simples produits de consommation qu’on lit et qu’ensuite on oublie.

Les ouvrages intelligents, plein de connaissances, qui posent de vraies questions, n’ont pas vraiment la cote auprès du public. Il est dommage que notre époque préfère consommer des créations insipides plutôt que de s’intéresser à celles qui en valent vraiment la peine. À la télévision, au cinéma ou dans le monde de l’édition, c’est toujours la même chose : privilégier le facile, l’immédiat, le superficiel. L’objectif n’est plus de cultiver son jardin mais de le regarder bêtement depuis son transat avec un mojito à la main…

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