Le stress de l’écrivain

 

À l’approche de la publication d’Esprit es-tu là ?, l’angoisse augmente. Avec chaque roman je passe par les mêmes étapes. La partie la plus passionnante, pour l’écrivain, est évidemment la phase d’écriture brute, ce que l’on nomme de manière un peu abrupte le premier jet. Cet instant durant lequel l’Inspiration coule de manière fluide et intense. Une Inspiration venant d’on ne sait où et qui transite par l’intellect de l’écrivain pour prendre forme sur le papier (même si celui-ci est désormais virtuel). Sous mes doigts l’histoire se développe et il existe une part de magie dans cette activité, comme dans tout art. Je m’étonne souvent moi-même des idées qui germent dans mon esprit et que j’arrive à retranscrire. L’angoisse de la page blanche, je ne l’ai jamais connue. Peut-être parce que je ne me force pas à écrire. Je m’installe devant mon ordinateur et je laisse la magie opérer. Beaucoup de textes ont été abandonnés en cours de route, ceux que vous connaissez sont les heureux élus ayant abouti à des romans complets.

Souvent, il me faut plusieurs réécritures complètes pour être satisfait. Réécrire c’est encore inventer, c’est toujours coopérer avec l’Inspiration. Pour Michael : Invisible je suis passé par huit réécritures complètes avant de me sentir bien face au roman. Je me sens bien lorsque j’arrive à formuler par des mots exactement ce que j’avais à l’esprit ! Et puis il y a les nombreuses relectures. Les premières sont intenses puisque synonymes de perfectionnement. Des passages doivent être revus en profondeur, certains chapitres sont remaniés ou même déplacés pour rendre l’histoire plus fluide, plus logique, plus confortable. Peu à peu, la traque des fautes d’orthographe et de grammaire se fait plus précise. Notre langue est merveilleuse et ses subtilités font partie de sa poésie. Quand même, il existe des règles assez tordues. Aucun logiciel informatique ne réussira jamais à déceler les subtilités du français, il est indispensable d’avoir des correctrices de talent. Et puis il devient difficile de cesser de se relire, peut-être que je suis trop perfectionniste. Quand la relecture commence à me rendre fou et que je doute de chaque mot, je stoppe tout, le roman est prêt.

Après cela commence une phase qui n’a plus rien à voir avec l’écriture. Il ne s’agit que de mise en forme, de présentation. Un passage indispensable puisque la forme ne doit pas rebuter les lectrices et les lecteurs, les empêcher de s’intéresser au fond. Un livre électronique est assez facile à publier, ce qui prend le plus de temps est la mise en page de la couverture. Car il faut attirer le regard, l’adage dit vrai : « on juge un livre sur sa couverture ». Il faut aussi rédiger un résumé qui donnera envie de commencer la lecture. Pour ce qui est du format papier, les étapes sont plus longues et pour un rendu professionnel plusieurs heures sont nécessaires. Au fil du temps je découvre des astuces pour réussir à proposer des ouvrages papier de qualité. L’auteur, à l’heure où il peut tout faire lui-même, s’enrichit et porte son roman réellement du début jusqu’à la fin, prenant soin de chaque détail.

Lorsque tout est prêt, alors commence l’angoisse. Savoir que mon livre sera bientôt publié, à la vue de toutes et de tous. Avoir conscience que des yeux extérieurs vont se poser sur cette histoire à laquelle je suis tellement lié, puisque j’en ai écrit chaque mot. Je perçois la responsabilité qui est la mienne. Un roman est une promesse, celle de transporter les lectrices et lecteurs dans un autre monde et surtout de leur faire passer un excellent moment dans cet univers différent. Un roman réussi fait oublier le monde extérieur et nous transporte dans les méandres d’émotions intenses. Alors j’ai cette angoisse de penser qu’on pourrait ne pas aimer ce que j’ai écrit. Je ne peux pas plaire à tout le monde, évidemment, mais j’espère toujours réussir à toucher mes lectrices et lecteurs. Publier un ouvrage, c’est vouloir le partager et aussi le voir apprécié par de nombreuses personnes. Il ne reste que quelques jours avant la publication d’Esprit es-tu là ?. L’angoisse est palpable. Mais je ne peux plus rien, le destin de ce roman sera bientôt entre vos mains…

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