La cohérence

 

Le livre écrit après Le musée des amours lointaines et L’île aux Écureuils a été : Arme Antiterrorisme. À ce sujet, je pense pouvoir, avec le recul, donner quelques conseils tournant autour de la cohérence nécessaire pour l’auteur. Surtout pour ceux qui publient leurs ouvrages eux-mêmes, puisque les autres restent guidés par leur maison d’édition, qui veille à ce qu’un auteur à succès ne s’éloigne pas de ses thèmes de prédilection pour ne pas perdre ses lecteurs.

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Indépendant : j’évite d’utiliser le terme d’auteur indépendant, ou « indé », qui distingue généralement ceux qui publient leurs ouvrages eux-mêmes de ceux qui ont un contrat avec une maison d’édition. Pourquoi je n’apprécie pas ce terme ? Parce que justement il fait une distinction ! On est auteur ou on ne l’est pas. Quelle importance, surtout aujourd’hui, d’avoir un contrat avec une maison d’édition ou non ? Il ne faut pas croire que les choses sont plus simples lorsque l’on est sous contrat. Il ne faut pas croire non plus que l’on peut faire n’importe quoi lorsqu’on se publie soi-même. Lorsqu’un lecteur cherche de quoi lire, il est rare qu’il se fie à une maison d’édition ou même qu’il regarde s’il y en a une. Il veut une histoire qui lui plaise, qui le transporte dans le monde de l’imagination.

S’afficher comme auteur indépendant serait donc une façon d’obliger le lecteur à savoir que tel livre n’a pas été publié par une maison d’édition. Alors, quelle que soit sa qualité, il fera l’objet d’un présupposé négatif. Tandis que le mieux serait de laisser planer le doute. Car chaque auteur peut donner à son roman l’apparence d’un livre publié, en soignant la couverture et la présentation du texte. On est auteur un point c’est tout. On propose un livre et il n’y a aucune excuse. Si le livre est bon, il sera apprécié par les lecteurs peu importe qu’il soit sous contrat ou non. S’il est mauvais, il sera dénigré et ce n’est pas l’éditeur qui reçoit les félicitations ou les critiques, mais bien l’auteur ! Ainsi, si les cartes se brouillent, et que l’on cesse d’opposer les indés aux auteurs sous contrat, il ne restera plus que la qualité de chaque ouvrage et la seule distinction sera le prix !

La cohérence : revenons au sujet de cet article et à la définition de ce que j’entends par la cohérence. Au début de ce blog j’ai expliqué que mon éditeur de l’époque avait refusé que Le musée des amours lointaines se termine sur une fin ouverte. Parce qu’il ne faut pas laisser croire à une suite qui ne viendra peut-être jamais. À l’époque je n’ai pas accepté cette remarque et j’ai rechigné à réaliser la modification. Avec le recul, je dois concéder ceci à cet éditeur, il avait raison. Avec L’île aux Écureuils, il n’y a pas de problème, puisqu’il s’agit de la suite de mon premier roman. Mais celui-ci se termine bien sur une fin ouverte, laissant présager d’un troisième tome. Plusieurs années se sont écoulées et cette fameuse suite n’est toujours pas publiée !

Perdre ses lecteurs : lorsque des lecteurs commencent à vous apprécier et à vous faire confiance, il ne faut pas les brusquer. Certains auteurs utilisent ce principe à l’extrême en reproduisant en série le même type de livre : intrigue identique, lieux similaires, personnages clonés. Seules quelques modifications distinguent chaque roman, mais la trame reste inchangée et les lecteurs aiment ce stratagème ! Je ne crois pas qu’il faille aller aussi loin. Pourtant il est indispensable de rester cohérent. Mes premiers livres sont un mélange de mystère et d’enquêtes autour de l’Histoire de l’art. Pour mon troisième roman, non seulement je n’ai pas écrit la suite, mais en plus j’ai changé de style et d’ambiance pour parler du terrorisme ! Ce n’est pas la seule fois que je vais ainsi proposer quelque chose de totalement différent.

Mon conseil n’est évidemment pas de faire de chaque roman un copier/coller du précédent. Simplement, avec le recul, je me dis que j’aurais pu mener la transition avec plus de douceur. Parce qu’au final, on ne sait pas à quoi s’attendre avec mes ouvrages. Ils sont si différents que certains en apprécieront un pour ensuite détester le suivant. Il n’y a pas réellement de cohérence, égoïstement je propose ce que j’ai envie d’écrire sur le moment. Il faut donc faire attention à ne pas changer de style trop brutalement et y aller doucement, pour ne pas perdre la confiance de ses lecteurs.

Ou alors, il faut se créer plusieurs pseudonymes. C’est ce que nous verrons dans le prochain article autour de la question : faut-il publier en son nom propre ou choisir un nom de plume ?

 

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