Monument à la République

Monument à la République

Léopold et François-Charles Morice

1883, bronze et pierre, Paris

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1. À l’origine de la place de la République, il y avait la porte du Temple. En 1190, Philippe Auguste ordonne la construction d’une nouvelle enceinte pour protéger sa capitale. À cette époque il y avait en tout dix portes permettant l’accès à la ville. La porte du Temple menait à l’enclos des Templiers, situé hors les murs de la capitale. On parlait aussi de la porte Saint-Avoie, en référence au couvent tout proche. En 1356, Charles V engage les travaux d’une nouvelle muraille. La deuxième porte du Temple ne sera achevée qu’en 1558. La future place de la République ne prendra sa forme actuelle qu’à partir du Second Empire, sur l’initiative, sans surprise, du baron Haussmann.

2. Avant le monument à la République, la place était ornée par la fontaine du Château d’eau, ou fontaine aux Lion de Nubie, que l’on doit à l’ingénieur Pierre-Simon Girard. La place se nommait alors : place du Château d’eau. Car en plus de sa fonction décorative, cette grande fontaine servait à alimenter en eau les habitants des quartiers du Temple et du Marais. En 1867, la place est remaniée. La fontaine est alors déplacée à La Villette, sur l’actuelle place de la Fontaine-aux-Lions.

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3. L’allégorie de la République mesure 9,5 mètres de haut, érigée sur un piédestal de 15,5 mètres. Sur le piédestal, trois statues en pierre représentent les allégories de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité. La base est également décorée de douze hauts-reliefs en bronze représentant les dates marquantes de la République française. La Liberté est assise à gauche de la République, portant un flambeau dans la main gauche et une chaîne brisée dans sa main droite. L’Égalité tient le drapeau de la République et un niveau de charpentier, symbole d’égalité. La Fraternité prend les traits d’une femme posant un regard bienveillant sur deux enfants en train de lire. La gerbe de blé et un bouquet évoquent l’abondance.

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4. Les hauts-reliefs représentent : le serment du jeu de Paume, la prise de la Bastille, la nuit du 4 août 1789 qui marqua l’abolition des privilèges, la Fête de la Fédération, la bataille de Valmy, la proclamation de l’abolition de la royauté, les Trois Glorieuses, l’abolition de l’esclavage, la proclamation de la République et la première fête nationale. Au niveau du sol, la République est gardée par trois lions. On peut aussi observer une urne en bronze symbolisant le suffrage universel.

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5. La statue de la République est représentée debout, vêtue d’une toge ceinte d’un baudrier sur lequel est fixée une épée. Elle est coiffée du bonnet phrygien et d’une couronne végétale. Dans sa main droite, elle porte un rameau d’olivier. Dans sa main gauche repose une tablette portant l’inscription « Droits de l’Homme ». Cette allégorie fait partie de l’iconographie développée par la République pour remplacer les symboles de la royauté. Si l’allégorie est toujours une représentation féminine, ses attributs sont variés. Ces derniers s’inspirent largement de la symbolique maçonnique.

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6. L’allégorie de la République est fréquemment désignée comme la Marianne. Ce nom est la combinaison de Marie et Anne, les prénoms les plus répandus au dix-huitième siècle. Il y aurait aussi une référence à une chanson populaire écrite peu après la fondation de la République, pour célébrer le nouveau régime politique. Une autre légende voudrait que le premier modèle de la Marianne ait été Anne Marie Mouhat, épouse de Jean-François Reubell, procureur général du Haut-Rhin. Dans la pièce de Molière, L’Avare, Mariane est le prénom de la jeune femme représentant l’enjeu entre le libre choix et le choix imposé par la force.

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7. Marianne, devenue symbole de la République française, porte le bonnet phrygien, lui-même symbole de la Liberté. Elle peut être représentée en pied ou en buste. Le buste, lui, commencera à apparaître dans les mairies après 1877, pour remplacer ceux de Napoléon III. Si à l’origine Marianne portait tous les attributs de la République, au vingtième siècle elle ne garde plus que le bonnet phrygien. Il y a eu plusieurs modèles : Brigitte Bardot, Michèle Morgan, Mireille Mathieu, Catherine Deneuve, Inès de la Fressange, Laetitia Casta ou Sophie Marceau. On la voit aussi représentée sur les anciennes pièces de monnaie ainsi que sur les timbres poste.