Palmyre

 

Désert de Syrie.

Temple_of_Bel,_Palmyra_15

1. Ce qui reste aujourd’hui de Palmyre (pour combien de temps ?), ce sont les ruines des monuments publics et quelques colonnes des demeures les plus riches. À son apogée, au troisième siècle, la ville était bien plus étendue. Mais les vestiges en briques crues ont disparu. La ville faisait partie d’un réseau marchand reliant la Mésopotamie à la côte méditerranéenne. L’édifice le plus important est le temple dédié à Ba’al, construit au début du premier siècle. Ba’al est un terme générique, qui doit être accompagné d’un qualificatif désignant l’aspect adoré : dieu des danses sacrées, dieu du ciel, dieu solaire. Chaque région avait son dieu, son Ba’al local. Sous la dynastie des Ramsès, il sera assimilé à Seth.

2. L’arc triomphal de Palmyre date de Septime Sévère. Monumental, il présente de riches décorations. Un arc de triomphe est élevé en l’honneur d’un personnage important ou pour marquer un événement glorieux. Il est une variante du tétrapyle romain. L’arcade centrale doit permettre le passage des voitures et des chevaux, tandis que les arcades latérales sont pensées pour les piétons. Cet élément d’architecture est le plus caractéristique de la Rome antique et le plus repris à travers le monde. Par le passé, l’arc de triomphe était de préférence placé à l’entrée de la ville, sauf ceux de Rome, construits au cœur de la cité.

Arc de triomphe

3. Le théâtre est daté du premier siècle. Bien conservé, il devait comporter 16 gradins à l’origine, il ne nous reste que les neuf construits en pierre. À l’arrière se trouvait le Sénat, où les notables locaux examinaient les lois et les décisions politiques. Le théâtre tire son nom du verbe grec signifiant « regarder ». Lors des premières manifestations, le jeu se résumait aux mimes et aux grimaces des acteurs, pendant que le public participait bruyamment au spectacle. Les décors et la mise en scène n’apparaîtront que plus tard. Le terrain de construction était choisi pour la qualité acoustique du lieu. Les gradins, eux, étaient le plus souvent adossés au relief naturel.

Théâtre

4. Le tétrapyle désigne un ensemble de quatre colonnes. Sur le site de Palmyre, une seule est d’origine, en granite égyptien. Le terme de tétrapyle signifie, en grec : « quatre portes ». Ce type de monument est souvent construit à des carrefours importants ou des points géographiques particuliers. Les tétrapyles sont particulièrement présents dans les grandes cités d’Orient où ils sont un élément décoratif essentiel. On leur donnera parfois une signification ésotérique. À l’époque byzantine, par exemple, on a pu y voir le symbole des quatre Évangiles.

Tétrapyle

5. L’agora, lieu de rassemblement politique et marchand, est un élément essentiel de la polis. À tel point qu’Aristote traitera de barbares et de non-civilisées les cultures qui n’en auront pas. La polis, dans la Grèce antique, désigne une communauté de citoyens libres et autonomes. Elle symbolise la vie commune assurée par la référence à un même passé mythique, des héros, des rites et des lois communs et partagés. Elle est donc à la fois une donnée sociale (désignant la communauté), une donnée spatiale (liée à un site particulier), une donnée étatique (elle est dotée de pouvoirs régaliens et joue un rôle sur la scène internationale).

Agora

6. En dehors de la cité, les Palmyréniens on construit une série de grands monuments funéraires, formant ce que l’on appelle aujourd’hui la Vallée des tombes. On y trouve de grandes structures richement décorées. Les tombes ont été construites ou creusées dans la roche, avec de nombreuses salles, dont évidemment celle où le défunt reposait étendu. Dans les sépultures les mieux conservées, on note l’utilisation de la couleur bleue, un coloris alors difficile à obtenir est donc coûteux. Les reliefs représentent la personnalité ou l’âme du défunt. On peut aussi trouver des stèles représentant des scènes de banquets, marquant sans doute l’emplacement de tombeaux collectifs d’une famille.

Nécropole

7. L’UNESCO a inscrit Palmyre au patrimoine mondial de l’humanité en 1980. Ceci selon plusieurs critères. Le fait que la grande colonnade constitue un exemple caractéristique d’un type de structure représentant une évolution artistique majeure. Le fait que la splendeur de ces ruines ait eu une influence décisive sur le renouveau des styles d’architecture classique en Occident. Le fait que les monuments funéraires témoignent de remarquables méthodes de décoration et de construction. Mais l’inscription au patrimoine mondial de l’humanité a-t-elle vraiment un sens si personne ne réagit pour la protection de ce dernier ?