Buste de Néfertiti

 

Thoutmosis

Calcaire, XIVème siècle av. J.-C.

Neues Museum, Berlin

Nefertiti

1. L’origine de Néfertiti est incertaine. Son nom signifie « la belle venue » ou « la parfaite arrivée ». Ce qui peut faire penser qu’elle était d’origine étrangère. Mais Néfertiti est bien un nom égyptien, l’un des nombreux que peut porter la déesse Hathor. Nulle part Néfertiti ne revendique le titre de fille de pharaon. Il est donc à supposer qu’elle était la fille d’un grand dignitaire. Nous ne connaissons par la date de son mariage et de sa montée sur le trône. Il n’est même pas certain qu’elle ait vécu à Akhetaton (Tell el-Amarna). Avant la fin du règne d’Akhenaton, son nom disparaît. Certains indices laissent penser qu’elle aurait continué à régner pendant la jeunesse de Toutankhaton, qui deviendra le célèbre Toutankhamon.

2. Le buste a été découvert le 6 décembre 1912 à Tell el-Amarna (Akhetaton). Taillé dans le calcaire, il mesure 47 centimètres et pèse environ 20 kilos ! Le visage est quasiment intact, mis à part quelques dommages aux oreilles et l’absence de l’incrustation de quartz peint de l’œil gauche. Ludwig Borchardt, qui a découvert le buste, détaille l’utilisation des pigments. De la poudre de fritte (mélange de sable et de soude porté à demi-fusion) colorée avec de l’oxyde de cuivre pour le bleu. De la chaux en poudre mélangée à de la craie rouge pour la peau. Du sulfure d’arsenic pour le jaune. De la poudre de fritte colorée avec du cuivre et de l’oxyde de fer pour le vert. Du charbon lié avec de la cire pour le noir. Et enfin de la craie pour le blanc.

3. Le buste a été découvert dans l’atelier du sculpteur Thoutmosis, avec d’autres représentations de Néfertiti. Il est difficile de savoir quelle était la finalité de ce buste coupé au-dessus des épaules. Ce que l’on peut dire c’est que le style reflète l’art égyptien classique, et non les représentations qui avaient cours sous le règne d’Akhenaton. L’une des hypothèses est que le buste aurait servi de modèle pour de futures représentations de Néfertiti. Les archéologues ont aussi imaginé que le buste aurait servi de modèle au sculpteur, pour enseigner son art à ses élèves. Particulièrement la manière d’incruster les yeux, ce qui expliquerait l’absence de quartz dans l’œil gauche. Une pièce manquante qui n’a jamais été retrouvée malgré une fouille minutieuse de l’atelier.

4. De nombreuses hypothèses ont été émises concernant ce buste. Certains remettent son authenticité en doute. Il aurait été fabriqué par Ludwig Borchardt lui-même, pour tester l’utilisation de pigments reprenant les « recettes » de l’époque. Une fois l’œuvre achevée, elle aurait été tellement admirée que l’archéologue n’aurait pas osé dire qu’il s’agissait d’un faux. Ce serait pour cette raison que, dans un premier temps, il ne voulait pas qu’elle soit exposée au public. Une autre théorie voudrait qu’il s’agisse d’une copie réalisée sur l’ordre d’Hitler et que l’original aurait été perdu durant la guerre. Ces hypothèses ne sont pas reconnues par la majeure partie des archéologues.

5. En 2006, une analyse approfondie du buste a fait remarquer des rides sur le cou et sous les yeux. On suggéra alors que le sculpteur avait voulu rendre une représentation réaliste de Néfertiti. Ces rides ont pu être rendues par l’ajout de gypse. Il reste donc de nombreuses questions en suspens concernant ce buste. Si les pigments ont pu être datés, le calcaire utilisé, lui, ne l’est pas. Il ne correspond pas aux canons de l’art imposés à l’époque et certains pensent qu’il a été réalisé à Thèbes, qui avait perdu son statut de capitale de l’Égypte pendant le règne d’Akhenaton. L’œuvre est donc aussi mystérieuse que la reine représentée ! La seule certitude est qu’il s’agit bien d’une représentation de Néfertiti en tant que reine. Sur l’avant de sa couronne se trouvait un uraeus, symbole royal. L’uraeus est le cobra qui a pour fonction de protéger le pharaon contre ses ennemis.

6. En 2003, les archéologues ont pensé avoir retrouvé la momie de Néfertiti dans une tombe de la Vallée des Rois. Une momie en très mauvais état dont la seule information fiable est qu’elle date de la dix-huitième dynastie. Cette hypothèse a rapidement été remise en cause, par manque de preuves. Désormais, les spécialistes pensent que la tombe de la reine se situe à Tell el-Amarna. Elle aurait été réutilisée pour servir de sépulture à Toutankhamon, mort bien trop jeune pour avoir eu le temps de faire édifier sa propre tombe. L’entrée aurait été replâtrée et couverte de fresques. Pour l’instant, seule une étude par radar a été réalisée, indiquant qu’il y a bien une pièce « cachée » dans la tombe de Toutankhamon. Il reste à décider de la meilleure manière de procéder pour explorer cette chambre sans perdre les fresques qui en masquent l’entrée.

7. Détails du buste :

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