La pyramide à degrés


Pyramide degrés

1. Durant son règne, le pharaon Djéser, ou Djoser, décide de la construction d’un complexe funéraire. Ce roi de la troisième dynastie aurait régné entre 2691 et 2625 avant notre ère. Son nom, signifiant « le saint », n’a été établi que durant la XIIème dynastie, pour honorer le pharaon à l’origine d’une importante réforme religieuse et aussi le fondateur de l’Ancien Empire. Sous son règne, l’administration se renforce et le Sinaï passe sous contrôle égyptien, donnant accès à d’importantes ressources de cuivre et de turquoise. Le pharaon reste surtout célèbre pour l’édification de son complexe funéraire comportant de nombreuses innovations qui feront la gloire et la splendeur de l’Égypte ancienne.

2. Imhotep, « celui qui vient en paix » a été le Vizir de Djoser, mais aussi son architecte, tout en exerçant la médecine et la philosophie. Grâce à lui, les monuments égyptiens prennent un tournant capital avec l’utilisation de la pierre pour la construction des temples et des tombeaux. Il est également le premier à généraliser l’utilisation des colonnes dans l’architecture. Il est aussi connu comme l’un des fondateurs de la médecine égyptienne ayant effectué des observations anatomiques et mis au point de nombreux traitements. Ces derniers étant associés à des formules magiques, la frontière entre les disciplines n’étant pas aussi nette qu’aujourd’hui. Pour toutes ces raisons, il sera associé au culte du dieu Thot, divinité de la connaissance et de l’écriture.

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3. Ce complexe funéraire est le plus grand jamais construit, selon les connaissances que nous avons. Il est en tout cas le mieux préservé et le plus fouillé. La pyramide à degrés n’en est que l’élément le plus célèbre, bien que cet édifice soit entouré de nombreux bâtiments destinés au culte du souverain pour assurer sa vie dans l’autre monde. Le plus important est que le souvenir de Pharaon ne disparaisse jamais. Il s’agissait d’une obsession dans l’Égypte ancienne : faire perdurer son nom au-delà des siècles. Parce que si le prénom est oublié des vivants, la vie dans l’au-delà s’achève aussi et le défunt disparaît alors totalement, y compris son âme ! Outre les bâtiments, les fouilles de ce complexe funéraire ont permis la découverte de vases et de mobilier, du moins ce qui n’a pas été pillé. Sur place il ne reste que deux sarcophages d’albâtre, dont l’un contient le squelette d’un enfant.

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4. La pyramide à degrés n’a pas été imaginée comme telle dès l’origine. Il devait s’agir d’un mastaba classique, comme pour les autres sépultures de l’époque. À la seule différence qu’Imhotep l’a voulu en pierre et non plus en briques de terre cuite. Ce mastaba a subi plusieurs agrandissements jusqu’à ce que l’architecte décide d’ajouter des « étages ». En premier lieu pour symboliser l’escalier permettant à Pharaon d’accéder au monde divin. Sans doute aussi que cette surélévation était nécessaire pour que le tombeau du roi surplombe les autres édifices du complexe funéraire. La première pyramide égyptienne est « née » sans doute de la même manière que les pyramides des civilisations du continent américain : grâce à l’utilisation de la pierre taillée et par la volonté de symboliser un escalier menant vers le monde divin…

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5. Le complexe funéraire était ceint de murs de fortifications, mais aussi d’un fossé dont les égyptologues ne comprennent pas exactement la signification. Il s’agissait peut-être d’une volonté d’entourer la nécropole par une sorte de rivière artificielle. Ou alors, tout simplement, il s’agit de la trace laissée par l’excavation des matériaux nécessaires à la construction du complexe. Pour ce qui concerne la muraille, il n’y avait qu’une seule entrée mais au moins quatorze fausses portes. Là encore, le mystère demeure, même si le chiffre quatorze revêt une certaine importance dans la mythologie égyptienne : les quatorze aspects de la personnalité de Rê, le corps d’Osiris découpé en quatorze morceaux par son frère Seth…

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6. La cour dédiée à la fête-Sed : le jubilé célébré traditionnellement à partir de la trentième année de règne d’un pharaon. Le culte du dieu chacal Sed est l’un des plus anciens célébré en Égypte pharaonique. Le jubilé est une fête de la régénération, principalement un moyen pour Pharaon de montrer à son peuple qu’il était toujours capable de régner. Ainsi, le pharaon démontrait sa puissance physique à travers des épreuves de course à pied, de capture de taureau, de chasse au lion… même s’il apparaît que ce n’est souvent pas le roi lui-même qui exécutait ces défis, mais d’autres en son nom. L’événement principal de cette fête était l’érection du pilier djed, symbolisant le dieu Osiris lors de sa résurrection.

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7. Statue de Djoser au musée du Caire :